Partagez | 
 

 [FINI] Pokémon Yellow Reborn

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant
Slyaquali

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Malin
Exp : 2231
Date de rencontre : 23/02/2013
Niveau : 16
Eau Fée
Habitat : Loin de toi ~
Pokédex : Je suis marre

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Ven 13 Juin 2014 - 20:47

Joyeux anniversaire Whitye ! (:

Au moins, comme on saura que t'es née le 12 juin :v

Sinon, faudra que je relise quelques pages avant celle-ci, j'pense en avoir loupé quelques unes x)

_________________

Ni vue, ni connue  

Magnifique avatar par El Grande Maestro Phiphi ~:
 
karamell

avatar

Champion de Neuvartault
Champion de Neuvartault


Masculin Exp : 39
Date de rencontre : 11/07/2014
Niveau : 17
Ténèbres Poison
Habitat : pas ici

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Dim 13 Juil 2014 - 2:23

J'ai adoré l'évolution du personnage de nat' du petit garçon craintif qui ne sait pas utiliser une pokeball au jeune homme viril qui balance des explosif au gens pour passer gratis franchement chapeau si ce n'était pas sur un publique aussi restreint il aurait facilement pu être publié Very Happy

_________________

white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Dim 13 Juil 2014 - 12:50

Merci, c'est vraiment très gentil !! Je suis désolée au passage de ne pas publier de nouveaux chapitres, mais je me suis arrêtée depuis quelques temps pour en écrire un autre (m'en voulez pas, svp, moi aussi ça m'énerve   Crying or Very sad   ). J'ai toujours beaucoup de mal à continuer yellow reborn, pour une raison qui m'est inconnue, alors j'ai décidé d'en commencer un autre, pas moins compliqué mais beaucoup plus sérieux, afin de me remettre à écrire doucement. Je compte cependant terminer yellow reborn, mais dans combien de temps... aucune idée. Y'a des fois, je m'arrête comme ça, parce que j'ai plus envie, ou parce que j'ai d'autres idées ou bien parce que je ne suis pas dans l'ambiance... Mais celui ci, je compte vraiment le terminer, parce que j'en suis déjà loin, qu'il y a des gens qui le lisent... et surtout parce que mon nouveau roman va reprendre des éléments de celui ci - mais je ne dirai pas lesquels, au moins pour pas spoiler sur la suite de yellow reborn (dont seul le scénario est écrit) - mon idée étant de faire une histoire avec un héros (Ethan), une autre avec une héroïne (celle du nouveau roman) pour enfin finir avec un roman combinant les deux héros - comment ? je ne sais pas encore.
karamell

avatar

Champion de Neuvartault
Champion de Neuvartault


Masculin Exp : 39
Date de rencontre : 11/07/2014
Niveau : 17
Ténèbres Poison
Habitat : pas ici

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Lun 14 Juil 2014 - 0:54

Ce qui signifie que tu va faire les deux romans simultanément ? Sinon perso je ne t'en veux pas pour l'absence c'est tellement bien que l'on peut attendre un peu non? Pour finir bonne continuation et bonne inspiration pour ton autre romans =D

_________________

Shadd



Champion de Neuvartault
Champion de Neuvartault


Masculin Nature : Calme
Exp : 27
Date de rencontre : 03/04/2014
Eau Eau

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Lun 14 Juil 2014 - 23:23

Lecteur fantôme au rapport... sauf que y a rien à rapporter, c'est parfait comme d'hab', White !
Slyaquali

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Malin
Exp : 2231
Date de rencontre : 23/02/2013
Niveau : 16
Eau Fée
Habitat : Loin de toi ~
Pokédex : Je suis marre

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Mer 30 Juil 2014 - 10:52

Voilà , j'ai tout rattrapé. Et, comme je le pensais, j'ai effectivement loupé pas mal de chapitres ^^'

J'adore la narration, le caractère familier du récit, sans dépasser la limite du vulgaire, et qui me fait beaucoup rire.

C'est passionnant de voir que Nat prend confiance en lieu au fur et à mesure qu'il voyage et comment Éthan se rapproche de lui.

Mais si je devais noter un petit point négatif, je dirais les cliffhangers.
Ils sont assez nombreux dans ton récit. Au début, on se demande vraiment si ton Pokemon va survivre ou pas, mais à force d'en faire, on ne s'étonne plus trop de le voir survivre au chapitre suivant.
Enfin, je dis "on" mais ce n'est que mon avis ^^'

Voilà voilà, en tout cas j'attends la suite avec impatience, génial romancière que tu es o/

_________________

Ni vue, ni connue  

Magnifique avatar par El Grande Maestro Phiphi ~:
 
Mimoze

avatar

Elite 4
Elite 4


Féminin Nature : Modeste
Exp : 1707
Date de rencontre : 25/07/2013
Niveau : 23
Fée Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Jeu 28 Aoû 2014 - 14:02

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

ANNONCE

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Ethan
Nat & Ethan ... Ou plutôt, Ethan & Nat
: whiteshewolf :

Félicitations !!
Vous avez obtenu le smiley officiel de votre Nuzlocke Challenge !
Merci à vous d'avoir contribué à la progression de Nuzlocke France.
S'il ne correspond pas précisement, je demande l'indulgence car il est difficile dans un récit d'avoir la même vision que l'auteur, et aussi d'envoyer un petit MP pour corriger ça Smile

_________________


 

 

 

► En Noir et Rose



► En Camaïeu de Rose



► Aswium [ En cours ]
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Dim 28 Sep 2014 - 16:13

Nouveau Chapitre ! Et oui, j'ai repris du poil de la bête et ai repris l'écriture de ce roman.
Voici donc le 32e chapitre de Yellow reborn ! Bonne lecture !

Chapitre 32


Lavanville. La ville du Deuil. La ville de la Mort.
En réalité, elle n'a absolument rien de particulier, cette bourgade, si ce n'est cette tour hexagonale au nord est qui semble s'élever jusqu'aux cieux, et plus haut encore. Aucun moyen de savoir jusqu'où elle va : même en tentant de percer les nuages jusqu'à m'en faire craquer la nuque, je ne parviens pas à estimer sa hauteur. Et, pourtant, j'ai de bons yeux. On dit qu'elle a été bâtie par les Dieux, cette tour, par les Dieux des temps anciens, ceux qui auraient construit le monde, la terre, la mer, le ciel... Mais ce n'est qu'une légende. Et moi, j'y crois pas trop. Pourquoi les anciens Dieux auraient-ils construit un bâtiment, franchement ? J'sais pas encore qui est l'con qui a pondu une idiotie pareille, mais c'est à lui qu'on devrait faire souffler dans le ballon, pas aux honnêtes gens qui tentent tant bien que mal de bosser.
Et pis, quelle tristesse, cette ville ! Rien que les couleurs utilisées dans les jardinières me donnent presque envie d'aller me chercher une corde pour me pendre au lampadaire à la lumière vacillante qu'on voit un peu plus loin. Pas étonnant que les gens la fuient, et que ceux qui s'y trouvent font une gueule d'enterrement. Et ils chuchotent ! Ils chuchotent si bien qu'on se croirait à la bibliothèque. Ou dans un cimetière. Ce qui semblerait être vrai dans le cas présent. En effet, Lavanville, c'est surtout la ville cimetière : c'est là qu'on enterre généralement les pokémon. Enfin, on peut y faire enterrer son pokémon, mais moyennant finance, bien entendu, somme d'argent qui s'est élevée au fil des années à cause de la popularisation des pokémon. C'est devenu si cher que la plupart des dresseurs se contentent de creuser un trou et d'y balancer le cadavre de leur compagnon décédé. Ou bien ils les jettent à la mer, comme le vieux Bob.
Je me demande ce qu'il ferait de nos corps, Nat, si on mourrait... Rien que d'y penser, je frissonne. Mais peut être que c'est juste à cause de l'ambiance locale que mes idées se font si noires.
On trouve facilement le centre pokémon. Même celui-ci est différent de ceux des autres villes, car son toit est violet, couleur triste du deuil, au lieu de l'habituel rouge écarlate. Après nous avoir soigné et rafistolé de son mieux, l'infirmière, certainement la plus laide que j'ai jamais vu depuis le début de mon voyage, une sorte de squelette aux yeux gris et froids enfoncés dans ses orbites, nous invite à nous installer au restaurant. Restaurant qui est, finalement, plus un self qu'autre chose, car il n'y pas de serveur. Quand je disais que personne ne voulait vivre ici...
Pour ce qui est des plats, on pourrait croire une mauvaise farce : potée du mort-vivant, roucool-squelette, soupe de citrouille, chipolatas de miaouss noir... On n'est pas à Halloween, merde ! On veut juste bouffer.
Le pire, c'est que quand Nat demande ce que contiennent réellement les chipolatas (un peu calcinées, qui plus est), l'infirmière est incapable de répondre... Dégoûté, mon dresseur les laisse là où elles sont, dans leur assiette remplie de sauce rougeâtre. J'ai plus faim non plus, à dire vrai.
Au final, ce n'est pas à Lavanville que nous dormons. Elle nous fout trop le cafard, cette ville. Surtout que, depuis qu'il fait nuit, on entend des cris bizarres provenant de la tour. Des cris à me glacer le sang. Je veux qu'on parte. Mais je sais qu'on reviendra, parce que c'est dans cette tour que se trouvent les fantômes arracheurs d'âmes. En tout cas, c'est ce que nous a dit Léo. De toute manière, on n'a aucun moyen de voir les fantômes, alors on n'a pas besoin de s'éterniser ici.
Même épuisés comme nous le sommes par notre escapade dans la grotte, nous reprenons la route dans le froid glacial de la nuit. Si l'air est froid, c'est parce que nous nous trouvons dans les montagnes, à presque deux mille mètres d'altitude. On se croyait sous terre, dans la grotte, il n'en était rien : au contraire, on a passé notre temps à grimper pour pouvoir atteindre la bonne altitude. En fait, on traversait le souterrain passant sous les montagnes séparant Azuria de Lavanville.
Ce qui fait qu'à présent, on est en pleine descente, facilitant grandement notre route, et ce malgré les quelques voyous qui tentent, sans succès, de nous piquer notre argent.
Cependant, nous ne rencontrons pas de nouveaux compagnons sur la route. C'est un abra qui a croisé notre chemin, mais il a préféré fuir. Tant mieux. On a déjà un psy capricieux, pas la peine d'en avoir un second.
Une mauvaise surprise nous attend au bout de la route, après le groupe de prostituées minaudantes qui poireautent sur le bord du chemin, leurs mini jupes soulevées sans cesse par le vent qui souffle en bourrasques.
Une nouvelle cabine de toilettes. Ce qui ne signifie qu'une chose : retour dans les catacombes humides. Youpi. Pour un peu, j'ai failli demander à Nat de m'enfermer dans une ball, pour une fois. Sauf que mon orgueil m'en empêche. C'est donc les yeux fermés, le nez plissé et les oreilles rabattues sur mon crâne que je traverse ce nouveau souterrain, bien pelotonné dans la capuche de Nat qui commence à sentir franchement le fauve. Enfin, quand je sens qu'on remonte, j'ouvre précautionneusement un œil, puis l'autre, avant de redresser mes oreilles à la vue du ciel menaçant dans lequel nulle étoile ne scintille.
C'est encore un abra qui croise notre route. Sûr que c'est le même : je crois avoir reconnu ces yeux étranges, tout bridés... Et, de nouveau, il prend la poudre d'escampette. C'est ça, barre toi, connard ! On n'a pas besoin de toi de toute manière ici. On a déjà tous les crétins qu'il nous faut.
Alors qu'on s'apprête à continuer notre route, une femme nous bouscule, très pressée.
- Que fais-tu là, petit ? Tu ne devrais pas rester ici, cette ville pue ! Envole toi le plus loin possible !
Et, sans même qu'on lui pose de question, elle nous donne une CS, celle qui permet de voler de ville en ville. Sympa. Nat l'apprend aussitôt à Marco, seul pokémon de l'équipe pouvant voler. Celui-ci étire ses grandes ailes et me regarde d'un air supérieur. Une façon comme une autre de montrer qu'il est plus fort que moi. Attends un peu que je te grille... Il en profite même pour me foutre une taloche :
- Ça c'est pour le « crétin » de tout à l'heure.
Je me contente de grogner tout en me frottant ma tête blessée.
Enfin, nous arrivons dans la plus grande ville que nous ayons jamais vue : Céladopole, la ville de tous les vices.
Si elle porte ce nom, c'est certainement à cause du casino qui lui rapporte un max de fric en arnaquant les gens, mais également grâce à l'immense bâtiment à l'extrême ouest de la ville, près du péage marquant le début de la piste cyclable : le centre commercial. Quand les gens y vont, madame va faire des emplettes tandis que monsieur s'en va jouer. Dans tous les cas, ils reviennent de cette ville complètement ruinés. Généralement, à l'issue de ces vacances, les couples se séparent. Bah oui : z'ont trop dépensé de blé, z'en ont plus, et chacun rejette la faute sur l'autre, c'est tellement plus facile ! Non, c'est toi qui a utilisé toutes nos économies dans le jeu ! Bien sûr que non ! Et qui a dépensé 1 400 pokédollars pour ce tas de chiffons ? T'as pas l'droit d'insulter cette robe, c'est un œuvre d'art à elle toute seule ! Ouais, ben ton œuvre d'art, c'est pas elle qui va nous permettre de grailler ! Et pousse ton gros cul de devant la télé, j'vois plus le foot... Et ainsi de suite. Vous voyez le tableau.
Fin bref, nous, avec Nat, c'est pas ça qu'on voit, mais le grand centre pokémon à la devanture hyper éclairée de guirlandes clignotantes. Nous entrons et sommes obligés de nous boucher les oreilles tant la musique, à l'intérieur, est forte. Heureusement que le centre pokémon est censé être un lieu de repos...
Nous nous asseyons à une table libre, chose rare malgré l'heure tardive, et attendons qu'un serveur nous remarque. Un leveinard passe à côté de nous sans même nous jeter un coup d’œil. OK, il nous a pas vu, caché comme il l'était sous sa pile impressionnante de plateaux. Mais le deuxième, là, il avait les mains libres, il aurait très bien pu prendre notre commande, hein !
Bah non. Dans ce centre, il existe des codes, simples certes, mais des codes quand même. Pour demander le menu, faut claquer des doigts ; Pour être débarrassé, claquer et doigts et montrer l'assiette vide devant soi ; pour faire savoir que le service est trop lent à son goût, il faut agiter les poings dans tous les sens ; et, enfin, pour avoir l'addition, il suffit de claquer des doigts et de faire semblant de marquer quelque chose sur sa main. J'ai même surpris un vieux bonhomme libidineux faire un geste étrange avec sa main droite, comme s'il astiquait quelque chose avec son poing fermé. Quand j'ai vu la nana en bikini ramener ses petites fesses en boule de billard près de lui est l'inviter à sortir, je crois que je n'ai pas de doute quant à la signification de ce signe. Quand je disais que Céladopole était la ville du vice...
Sachant cela, avec Nat, on s'exécute en suivant les mœurs locales, et nous ne tardons pas à être servi. Bon, l'a fallu que mon dresseur agite des poings en tout sens pour que ça vienne, parce que tout le monde use de ce code pour être servi plus rapidement. Bientôt, faudra un signe pour faire venir les plats encore plus vite, tu verras. Tandis que j'attaque avec appétit mon cheeseburger méga chimique, Nat regarde autour de lui. Certainement qu'il essaie de comprendre tous ces gens assis autour de nous. Laisse tomber, Nat, ces gens ne font pas partie de notre monde, il sont matérialistes, riches ou faisant semblant de l'être. Nous, nous sommes des dresseurs itinérants, limite sans le sous, mais comprenant le sens du mot justice et amitié, alors nous n'avons rien à voir avec eux.
Enfin, il semble se désintéresser de ce qui se passe autour de lui et attaque à grandes bouchées ses pâtes au fromage, seul plat qu'on peut s'offrir sans se ruiner. Enfin, sans se ruiner, c'est peut être un bien grand mot, parce qu'une assiette de pâtes au fromage coûte autant que le menu complet le plus cher à Azuria. Si ça se trouve, c'est même pas du vrai fromage. J'ai entendu dire qu'à Safrania il existe une entreprise qui est spécialiste dans la fabrication de bouffe chimique. Connaissant les relations entre les deux grandes villes, on peut se poser des questions. Sans me gêner, je pique une pâte dans l'assiette de mon dresseur qui ne semble même pas le remarquer, tout pensif qu'il est. Ou bien c'est qu'il est fatigué. Pouah ! J'avais raison : c'est même pas du vrai fromage. En même temps, depuis la guerre de 52, l'est difficile d'obtenir du lait à cause de la perte de la majorité des troupeaux d'écrémeuh à Johto. Et comme les habitants de Johto (comment les appelle t-on d'ailleurs : les johtiens ? Les johtistes ? Bonne question) préfèrent garder le lait pour eux...nous on n'a plus que des cochonneries à se mettre sous la dent. Remarquez, c'est peut être comme ça qu'ils nous auront, finalement : en nous empoisonnant. Très malin. S'ils ne crèvent pas tous avant nous, ils vont bientôt l'emporter cette guerre, finalement.
Le dîner terminé, nous commandons une chambre à la réception. Gros soucis : l'hôtel est complet. Pas moyen de dormir ici, car la saison touristique vient de commencer. Lorsque Nat demande où on peut se loger sans payer trop cher, le mec de la réception, un type bien habillé et très propre sur lui avec les cheveux gominés et tout le tralala, se contente de hausser les épaules. Ouais, dis plutôt que tu ne veux pas qu'on loge ici, ça ira plus vite, espèce de connard !
Sauf qu'avec une journée épuisante comme celle qu'on vient de passer, la perspective de devoir dormir à la belle étoile passe mal. Très mal. Nat, renfrogné, finit par taper du poing sur le comptoir astiqué et bien brillant en insistant pour avoir ces renseignements. T'as raison, gamin, te laisse pas faire. Y'en a marre de dormir dehors. Mais tout ce que je réceptionniste trouve à nous dire, c'est d'ailleurs voir ailleurs s'il il y est, à moins qu'on veuille qu'il appelle les flics. Ok, on n'insistera pas davantage, calme toi mec. On va trouver un autre endroit où pioncer.
A force d'arpenter en long et en large les routes pavées de la cité, nous finissons par trouver un petit coin herbeux, tout au sud. Ce coin semble déjà être utilisé par les voyageurs, car on y trouve pas mal d'anciens feux de camps. Pire, y'a même déjà des tentes plantées là, certaines éclairées de l'intérieur, faisant apparaître ce qu'il se passe dedans en ombres chinoises sur les toilées colorées. Y'a des fois, je préférerais qu'ils l'éteignent, leur fichue lumière. Sûr que les gens ne font pas qu'y dormir...
Nat nous dégote un petit endroit tranquille, derrière les buissons, et y installe son sac de couchage en soupirant. Malgré la journée qu'on vient de passer, on a du mal à dormir, d'une part à cause des bruits qui nous parviennent de la ville et des tentes un peu plus loin, et d'autre part à cause des lumières clignotantes des boutiques et des lampadaires. Céladopole, la ville qui ne dort jamais. Vivement qu'on se retrouve une ville tranquille. Je disais avant que je m'ennuyais à Jadielle, parce qu'il ne s'y passait jamais rien ; au final, ce n'était pas si mal, le calme de la campagne...
Nous dormons peu, cette nuit là. Et mal. En tout cas, je suis sans cesse réveillé pour différentes raisons : les lumières qui sont vraiment gênantes pour dormir, les bruits de motos qui pétaradent, les musiques ininterrompues provenant du casino, les cris, et, quand enfin j'arrive quelque peu à dormir, c'est ce fichu camion poubelle et la nettoyeuse municipale qui me réveillent. Saloperie de ville. Mais comment peut-on vivre ici ? Faut vraiment être cinglé. A Jadielle, t'entendais pas un miaouss, juste les oiseaux nocturnes, les nosféraptis sortis chasser la nuit, les rattatas, et le vent dans les branches des arbres. La nature quoi. Et ici ! Tout ce béton, ces bâtiments immondes qui pourrissent le paysage ! Ça respire le mauvais goût. Et la drogue, à ce que me dit mon nez. De l'herbe, peut être, comme on dit. Une drogue obtenue à l'aide de certains pokémon. Ça semble provenir d'un peu plus loin.
Je me lève - de toute manière, ce n'est plus maintenant que je dormirai, surtout que je suis fourbu d'avoir pioncé pas terre - et suis l'odeur. Je finis par me retrouver devant un haut bâtiment recouvert intégralement de ronces aux pointes acérées. La seule chose qui m'indique qu'il s'agit bien d'une maison est la présence d'une porte construite en bois de rose et une fenêtre. Fenêtre devant laquelle un vieux s'agite. C'est marrant, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu, ce vieux... Ah ! Il était au centre pokémon hier soir. C'est lui qui a demandé à avoir une gonzesse. Et là que fait-il ? Ah, je crois que j'aurais préféré ne pas le savoir.
Mais son activité ne peut indiquer qu'une chose.
Y'a des filles là-dedans. Bon, jolies, peut être pas, car le vieux, eh bien, il est vieux, donc il peut s'exciter un peu sur n'importe quoi. Même la forme de fesses d'une pêche pourrait suffire à le faire bander. Surtout que sa vue a dû baisser avec les années.
Bon, je me lance.
J'électrocute le vieux, qui, très choqué, tombe en arrière en se tenant le cœur d'une main crispée - oups, j'espère qu'il est pas clamsé - puis m'approche de la fenêtre. Ouh ! Des filles. Plein de filles. Partout.
- Et y'a pas le moindre mec, fait remarquer Miroku.
Je sursaute violemment : je ne l'ai même pas entendu arriver !
Il semble rajuster des lunettes imaginaires - il devait en avoir lorsqu'il était humain - et colle son nez à la fenêtre pour mieux voir.
- Miroku, qu'est-ce que tu fais ici ?
- Comme toi : je viens me rincer l’œil, répond-il, sa voix étouffée par sa trompe collée à la vitre ; Ou autre chose...
Sourire en coin. Espèce de pervers.
- Je n'étais pas venu pour cela, je répond très digne. C'est juste qu'une étrange odeur m'a réveillé. Une odeur d'herbe.
- T'y es pas, gamin, c'est pas l'herbe que ça sent. Ce sont des spores.
- Des spores ?
- Ouais. Ils doivent élever des paras là-dedans, et utilisent leurs spores comme drogue. Les gens payent cher pour profiter de ces poudres.
- Mais...à quoi ça sert ?
- A avoir des visions. Entre autres. Ça dépend des gens.
- T'as l'air vachement au courant. T'en as déjà pris, hein ? Avoue !
Miroku ne répond pas et se contente de renifler dédaigneusement.
- Faut qu'on prévienne l'autre gosse, dit-il enfin. Je suis certain qu'il s'agit de l'arène.
C'est ça, change de sujet !
- L'arène ? Mais y'a que des nanas ici !
- Le rêve ! (Son regard se fait lointain ; un filet de bave commence à couler le long de son menton ; soudain, il se reprend, aspire la salive qui commençait à entamer sa descente vers le sol et continue:) Allons réveiller le garçon, on reviendra après. A moins que tu veuilles profiter de cette ambiance tout de suite ?
Clin d’œil coquin. Non mais vraiment !
- On réveille Nat, dis-je finalement pour clore la discussion qui s'aventurait sur un terrain dangereux.
Neowstix

avatar

Elite 4
Elite 4


Masculin Nature : Relax
Exp : 1999
Date de rencontre : 25/05/2013
Niveau : 19
Psy Ténèbres
Habitat : Trying to pursue my true self.

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Dim 28 Sep 2014 - 19:07

De retour \o/

_________________

.
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Mar 7 Oct 2014 - 11:56

Bonjour à tous.

J'ai de grandes nouvelles à vous annoncer.
D'une part, la parution du 33e chapitre !
Et, d'autre part, j'ai le plaisir de vous annoncer que Yellow Reborn est FINI ! Oui ! Entièrement ! Il contient en tout 45 chapitre (dont le prologue et l'épilogue) et contient environ (grosso modo) 110 000 mots étalés sur 220 pages et quelques. C'est certainement le plus long roman que je n'ai jamais écris, et je suis fière d'avoir enfin réussi à le terminer (même si certains passages m'ennuient un peu, mais le scénario est tellement compliqué par moment... !). Malgré tout, je me doute que la fin en décevra plus d'un... Enfin, vous verrez à ce moment-là, je n'en dis pas plus.

Ce qui m'amène à un troisième point, compte tenu de la longueur du roman et du fait que j'ai dû faire une longue pause : Voudriez vous un petit résumé de ce qu'il s'est déjà passé ? Je pense que certain doivent avoir du mal à reprendre la lecture, vu depuis combien de temps je me suis arrêtée et vu tout ce qu'il y aurait à relire, et je les comprend parfaitement. Cela ne me dérange pas, à présent que j'ai terminé, il me sera plutôt facile de faire un petit synopsis des choses les plus importantes. C'est vous qui voyez ! Wink

Sur ce, je vous invite à profiter de ce 33e chapitre, début d'une longue période de chocs, de rebondissements et de suspense !

Chapitre 33


Quand nous revenons au camp, Nat est en train de se gratter le crâne, un œil ouvert et l'autre fermé. Il vient juste de s'éveiller. Il regarde autour de lui, curieux, sans trop comprendre où il se trouve. L'a la mémoire courte, Nat. Enfin, il nous remarque et semble se souvenir des événements de la veille.

- Qu'es tu allé faire là bas, Ethan ? fait-il. Tu ne devrais pas te promener tout seul. Ces lieux ne me semblent pas sûr.

Et encore, t'as pas tout vu, bonhomme, c'est encore plus louche par là-bas.

- Cette ville est vraiment bizarre.

Je te le fais pas dire. C'est un asile de fous. Un gigantesque asile de fous.

- Vivement qu'on se casse d'ici.

Tout à fait d'accord. Mais déjà, faudrait que tu bouges ton cul de là.

Il se lève et fait quelques pas sur l'herbe, écrasant quelques fleurs qui avaient réussi l'exploit de pousser là malgré le piétinement et la pollution environnante.

- Qu'est-ce qu'on pourrait faire ? demande t-il alors. Il faut qu'on retourne à Lavanville pour cette histoire de fantômes.

C'est bien mignon, mais ça ne nous servira à rien si on ne les voit pas, ces fantômes. Faut déjà qu'on trouve un truc pour les voir. Ce qui me fait penser que les rockets doivent en avoir un, s'ils capturent les fantômes, non ? Donc ce sont les rockets qu'il faut aller voir. Alors on les trouve, on les choppe et on les fait parler. Je me charge de les faire parler !

- Tiens, c'est quoi toutes ces filles ? demande alors Nat et tournant la tête vers l'arène.

Un groupe de filles s'approche en effet de nous. Des filles canon, pour la plupart, habillées...heu...d'une bien étrange façon : grands décolletés, mini jupes, porte-jarretelles, collants résilles et talons hauts. Humpf, on se calme, on se calme !

- Ho ! regardez, les filles, un petit garçon ! s'exclame une des filles.

- Qu'il est mignon ! renchérit une autre.

- Ah non, tu en as déjà deux, celui-ci est pour moi ! s'écrie une troisième.

S'ensuit alors une dispute dont l'objet est de savoir qui prendrait le petit garçon planté devant elles, bouche bée et les yeux écarquillés. Quel idiot. Mais dis quelque chose, Nat, elles veulent t'exploiter, ces filles ! Bon, moi, ça me dérangerait pas, mais toi t'es un peu jeune pour cela !

- Je suis désolé, se décide t-il alors à dire. Je ne suis pas libre pour le moment.

Désespoir des filles.

- Quel dommage, il aurait été si bien dans ma collection !

- Il était trop mignon ! Pas étonnant qu'il soit pris. J'aurais dû m'en douter.

- Préviens-nous si tu te libères, hein ?

- Oui oui ! N'hésite pas à venir quand tu veux !

Et elles passent leur chemin, comme ça, devant un Nat qui tente discrètement de se gratter l'entrejambe, très gêné. Une des filles le remarque cependant et lui fait un clin d’œil coquin, sans toutefois émettre de commentaire, mais cela suffit à faire rougir mon dresseur qui ne semble plus savoir où se mettre.

Il toussote plusieurs fois, comme si cela allait lui faire retrouver ses esprits (laisse tomber mec, c'est pas comme ça que ça marche), puis il regarde autour de lui.

- Bon... Il faut qu'on trouve des rockets. Ils doivent détenir un moyen pour voir les fantômes. Il faut qu'on le leur demande.

Leur demander ? Tu crois qu'ils vont nous le donner comme cela, leur machine ? Elle leur sert à gagner leur pain, alors sûr qu'ils vont la défendre de toutes leurs forces ! Mieux vaudrait la leur voler, à mon avis. Et vu ce qui traîne dans les parages, je pense qu'on a toutes les chances de trouver des rockets dans l'arène. Il y a des drogues là-bas, c'est un moyen de se faire du pognon facilement.

Je me dirige alors vers le bâtiment d'où émane continuellement cette fameuse odeur de spore qui m'a réveillé dans la nuit. Nat me regarde un instant, intrigué.

- Tu crois qu'ils sont là bas, Ethan ?

Sûr qu'ils y sont, j'en mettrais ma main -enfin, ma patte- à couper. Allez, ramène-toi, blanc-bec ! On va leur foutre la pâtée du siècle et leur voler leur invention géniale qui leur permet de visualiser les fantômes. On en profitera pour piquer quelques drogues aussi. Qui sait, ça peut toujours servir !

On arrive donc devant l'arène, ce grand bâtiment recouvert de ronces. Le vieux a disparu, mais un autre homme, un peu plus jeune, a pris place devant la porte. Assis adossé contre le bois, il a mis sa tête dans ses bras.

Nat ne peut s'empêcher d'aller le voir. Saint Nat, ta bonté te perdra. Ou c'est elle qui te mènera à ta perte...

- Que vous arrive t-il ?

Le type lève les yeux -humides, il a dû pleurer - vers Nat, note la présence de pokéball à sa ceinture, me voit, et, enfin, annonce :

- Elles ont enlevé ma princesse...

- Qui ?

- Ces filles, à l'intérieur...elles font partie d'une sorte de gangs qui font des trucs...(il soupire) je préfère même pas imaginer ce qu'elles font, c'est dégoûtant ! Et il leur fallait ma princesse, parce qu'elle est...ah! Elle est magnifique, alors elle pouvait leur rapporter plein d'argent ! Alors elles me l'ont enlevé et la forcent à travailler, à utiliser son corps de rêve pour...

Il renifle, les larmes pointent aux coins de ses yeux et il se met à chouiner comme un gosse.

- Mais je ne peux pas entrer dans ce bâtiment, ces sorcières en ont le contrôle absolu ! Alors je suis forcé d'attendre ici, dans l'espoir de la voir et de l'arracher de leurs épines acérées !

- Et la police ? s'enquit Nat. Vous leur en avez parlé ?

Le type le regarde alors les yeux froncés comme s'il avait dit la plus grande absurdité du siècle.

- La police ? LA POLICE ? Mais tu viens d'où, gamin ? Ça fait bien longtemps qu'il n'y a plus de police ici ! Elle s'est fait la malle le jour où ces types en noir ont débarqué de la porte Est et qu'ils ont pris le commandement de la ville ! Le seul endroit que ces mecs louches n'ont pas envahi, c'est ce bâtiment rempli de filles féroces comme des pit-bulls ! Y'a plus de police, gamin, y'a même plus de lois à faire appliquer t'façon. Plus ici. C'est pour ça que la seule chose qu'il me reste à faire, c'est d'poireauter ici pour tenter de récupérer ma perle, ma vie, mon âme !

- Mais, pourtant, quand j'ai insisté pour avoir une chambre à l'hôtel, on m'a menacé d'appeler la police si je continuais... souligne Nat en fronçant les sourcils.

Le type a un geste dédaigneux de la main, comme s'il chassait un insecte agaçant :

- Ouais, y'en a qu'on bien intégré les rockets et qui les prennent pour la nouvelle police. Mais c'est pas le cas. La vraie police, elle, elle a été boutée par la rocket, car elle n'était pas assez forte pour la vaincre.

- Ok. On va vous aider. Relevez-vous, on va entrer là-dedans.

Le type acquiesce, bien que son expression indique clairement qu'il n'y croit pas.

- Comment veux tu forcer cette porte, petit ? T'as vu l'épaisseur ?

- Je ne vais pas passer par la porte, répond simplement Nat avant de sortir l'un de nos compagnons de sa ball.

Je suis quelque peu surpris en voyant apparaître Mine le racaillou, notre guide de la Grotte. D'après moi - et le panneau un peu plus loin - cette arène est constituée de dresseuses utilisant des pokémon plantes. Pourquoi donc envoyer un pokémon roche et sol, donc hyper sensible face à ce type ?

Mais Nat ne compte pas utiliser notre camarade contre les filles. Il sort ensuite Hercule, qui s'étire et fait virevolter ses bras comme pour se détendre d'une longue sieste.

- Hercule, Mine, cassez moi cette fenêtre ! ordonne mon dresseur d'une voix forte.

La minable plaque de verre, aussi épaisse soit-elle, ne résiste pas à l'action combinée du duo de choc. Bientôt, on entend des cris provenant de l'intérieur : Nat voulait que les gens dans le bâtiment soient pris de surprise. Je crois qu'il a réussi, parce que quand on entre dans l'espèce de serre qu'est l'arène, les filles nous regardent d'un air horrifié - air qui se transforme en véritable horreur à la vue de Marco qui semble beaucoup s'amuser, bien qu'il ait eu beaucoup de mal à passer à travers la fenêtre. Le petit crétin aurait peut être dû le faire sortir après être entré, pas avant...

Étrangement, on ne sent pas les spores en entrant, ou très peu. Et c'est logique dans un sens : personne ne pourrait vivre dans une atmosphère saturée de ces poudres hallucinogènes.

- Que faites vous ici ? s'écrie une des filles présentes, une grande blonde avec des boucles qui lui tombent sur les épaules. C'est interdit aux garçons ! Parasect, Ortide ! Envoyez vos spores !

Mais les flammes de Marco suffisent à éliminer toutes les poudres toxiques contenues dans l'air. La blonde en tombe sur le cul, les yeux grands ouverts, effrayée par le dragon.

- C'est interdit au feu ici ! s'écrie une autre fille, une brune, cette fois, qui envoie un boustiflor.

- Et aux attaques aériennes, on a le droit ? demande innocemment Nat avant d'ordonner à notre camarade enflammé une attaque Vol contre le boustiflor.

Ce dernier est projeté sous la force du choc contre un des murs de l'arène. Il est complètement crevé et des fluides nauséabonds s'échappent du corps. Terrible, cette attaque, mais peut être aurait-on dû l'apprendre à un compagnon moins psychopathe que Marco... Comme à Horus, le roucool qu'on a choppé sur la route 5 par exemple, LUI c'est un bon compagnon, gentil et tout...

Les filles ne savent pas quoi faire. Nous les fixons, elles nous jaugent du regard, mais personne n'esquisse le moindre geste. Nous restons ainsi en chien de faïence jusqu'à ce qu'une voix un peu cassée brise le silence :

- Que se passe t-il, ici ? Pourquoi la production de spores s'est elle arrêtée ? Et qui sont ces mâles ? Pourquoi sont-ils entrés ? Et comment d'abord ?

Oulah, poulette, suffit là, on n'a même pas le temps de répondre ! Arrête de nous mitrailler de questions bon sang !

La fille, plutôt une jeune femme d'ailleurs, descend un escalier que je n'avais même pas remarqué tant il est recouvert de plantes grimpantes. Elle a un air noble et hautain, ce qui m'étonne quand on sait ce qu'elle fait. Elle pourrait être jolie si les cernes noirs sous ses yeux d'ambre et sa maigreur ne gâchait pas sa beauté. Son vêtement, une sorte de kimono, a certainement coûté une fortune. Alors que fait-elle donc ici, à vendre des drogues et à pousser les jeunes femmes à se prostituer pour gagner de l'argent ?

- Vous n'avez toujours pas répondu à mes question ! gronde t-elle. Que fais-tu ici, gamin ? Tu es trop jeune pour te balader en ces lieux, alors déguerpis.

- Je cherche la team rocket, répond bravement Nat. Je sais que vous n'en êtes pas, mais vous pourriez me renseigner à leur sujet. Et je suis venu aussi aider cet homme qui cherche sa...

- Umiko ! rugit l'intéressé avant de se ruer sur une jeune pucelle qui ne doit pas être beaucoup plus âgée que moi.

Ah, c'était sa fille qu'il cherchait. Un bon moment, je m'étais interrogé.

Il la serre dans ses bras... avant de l'embrasser passionnément sur la bouche.

OK, j'ai rien dit, c'est son amante.

- Je suis si heureux de te retrouver ! On va enfin pouvoir partir en lune de miel ! A cause de ces sorcières, on n'a même pas pu y aller !

Lune de m... QUOI ??? Mais il est assez vieux pour être son père ! Qu'est-ce que cette gamine fiche avec lui, bon sang ? Ah, cette ville... elle est vraiment malsaine, y'a pas à dire.

- Certainement pas, Regi ! se rebiffe la pucelle (qui ne doit, finalement, pas en être une). Il n'est pas question de quitter cette ville alors que la situation ne cesse d'empirer ! Il faut qu'on boute ces rockets hors de la ville !

- C'est donc cela, votre but ? Battre la team rocket ? demande Nat qui a suivi la scène d'un air neutre - quoi ? mais ça ne le choque pas de voir une gamine embrasser un vieux ?

La jeune femme hautaine, la chef de la bande très certainement, acquiesce.

- Et tu croyais quoi, gamin ? Qu'on s'amusait ? Qu'on ne faisait que tirer bénéfice de la situation pour remplir nos caisses ? Allons, tu es trop jeune pour comprendre.

- J'en doute, surtout après avoir traversé cette ville, mais poursuivez, répond mon dresseur en soupirant, s'attendant certainement au pire.

- Tu n'as pas l'air d'être de la rocket, alors je crois que je peux t'expliquer : nous ne sommes pas assez fortes pour battre ce gang malfaisant qui apporte désolation partout où elle passe, alors nous les affaiblissons petit à petit, comme du venin. Et c'est d'ailleurs ce que nous utilisons : du poison. Obtenu grâce aux pokémon plantes. Il est redoutable, mais agit lentement. Nous profitons des faiblesses des hommes pour vaincre cette bande : les femmes. Protégées dans notre forteresse, nous inventons et mettons en place des stratégies pour en attirer toujours plus dans nos filets. Alors oui, il nous faut pour cela nous salir, et chaque jour nos adversaires tombent...mais...

- Mais ? Répète Nat

- Chaque jour il en arrive de nouveau. De l'est, de Safrania, de cette ville que nous rêvons de faire sauter ! Cependant...nous n'en avons pas les moyens, alors il nous faut gagner de l'argent pour pouvoir acheter des matériaux à l'étranger.

- Vous voulez faire sauter Safrania ? s'exclame Nat. Mais comment ?

- Qui a construit ces horribles tunnels puants à ton avis ? Ils font partie du plan.

- Mais vous allez tuer les gens qui n'ont pas pu s'en échapper !

- Mais nous tuerons la rocket, alors ça nous est bien égal. Que vaut-il mieux détruire ? Le monde entier, ou juste une cité ? La rocket cherche juste à envahir le monde, quitte à le détruire, juste pour le plaisir de gouverner et de tout contrôler. Il faut à tout prix l'en empêcher;

- Je ne peux pas vous laisser tuer des milliers d'innocents ! Il faut trouver un autre moyen !

- Ah oui ? Lequel ? Trouve le, toi qui est si malin ! Tu ne nous empêcheras pas de mettre notre plan à exécution, alors n'insiste pas !

- Je ne peux pas laisser la rocket commettre des atrocités, mais je ne peux pas non plus vous autoriser à faire de même !

- Alors je crois qu'on va avoir un problème.

Elle se tait un instant, plissant les yeux comme pour avoir l'air menaçante.

- Et il n'y a qu'un seul moyen de le régler.

Elle sort une pokéball de l'intérieur de sa manche. Nat envoie Marco.

- Ethan, grogne ce dernier, t'es vraiment con d'avoir pu penser que la team rocket était derrière ce groupe de putes...

- J'ai jamais dit ça !! je réplique, de mauvaise foi, je le sais. Et on dit pas "putes", c'est grossier !

- Ok, une péripatéticienne, si tu préfères. T'es vraiment chiant, souriceau. Bon, allez, casse-toi, c'est à moi de jouer.

- Ouais, t'as raison, pour une fois que tu sers à quelque chose...

Une coup de pied au derrière plus tard, je me retrouve cul par dessus tête aux pieds de Nat qui me regarde d'un air désolé. Non, pas triste pour moi, faut pas rêver, mais désolé de me voir dans une position aussi ridicule, car il se retient à grand peine de rire.

Le combat est ennuyeux à mourir. Marco grille sans relâche ses adversaires qui ne font pas le poids. Face à l'écrasante victoire du dracaufeu, la femme n'a plus qu'à s'incliner.

- Je le savais, fait-elle en s'approchant de nous pour nous remettre le badge, une feuille brillante en métal. Je savais que tu avais des capacités. Je l'ai lu dans ton regard, et dans celui de tes pokémon. Mais je me devais de vérifier. Il faut que tu nous aide à nous mener à la victoire, petit.

- Pas question de prendre part à votre plan. Je refuse de tuer des innocents, ce serait trop facile ! Dites moi plutôt comment trouver la rocket, je me débrouillerai moi-même.

La femme soupire et rejette dans son dos ses longs cheveux d'ébène.

- Le casino. Il y a un poster louche au fond de la salle de jeu. Jettes-y un œil. Les rockets sortent souvent de là, et quand on entre dans le casino, ils n'y sont plus. Leur QG doit se trouver là bas.
On entend alors des coups brutaux contre la porte en bois de rose, qui frémit sous les coups.

- Ce sont eux, ils nous ont trouvé ! s'exclame la femme avant de se tourner vers nous. Sauve toi, petit, ne reste pas là ! Tu dois t'échapper, les rockets ne te connaissent pas, alors tu pourrais en profiter pour infiltrer leur repaire pendant que nous les retenons ici ! Allez, barre toi à présent ! Prends l'escalier et enfuis-toi par le toit, vite !

Elle rejette Nat le plus loin possible d'elle. Celui ci se met à gravir l'escalier, mais ne s'enfuit pas et reste caché à l'abri de la rambarde recouverte de plantes.

On continue d'entendre des coups assénés à la porte qui finit par tomber. Plusieurs types en noir entrent, protégés par de gros pokémon.

- Alors ! fait un des types, le plus gradé certainement, parce qu'il a des épaulettes colorées. On vous a enfin trouvé, mesdames. On ne pensait pas que c'était votre groupe de joyeuses putes qui foutait tout ce boxon ! Mais on n'est pas aussi bête que vous le croyez. On a trouvé les factures de matériel explosif, ainsi que votre poison. Il ne marchera pas, votre plan, on vous a percé à jour !

- Les gens n'accepteront pas aussi facilement votre domination, vous en trouverez toujours qui se battront pour la liberté ! annonce fièrement la championne, la tête haute.

- Nous avons juste attendu que quelqu'un vous batte, ce qui, tôt ou tard, allait arriver. Pas la peine de se salir les mains quand quelqu'un d'autre peut le faire, hein ? On a senti cette odeur de cramé, alors on s'est dit qu'on allait tenter notre chance...et nous avions raison : vous avez été vaincue, miss Erika. Vous êtes à notre merci...

Il se tourne vers ses acolytes :

- Qu'allons nous faire d'elle, à votre avis ?

Rires du public ; peur palpable des jeunes femmes dans l'attente de leur sort ; simple attente dans la dignité de la part d'Erika.

- Débarrassons-nous de ces empêcheuses de tourner en rond... continue le chef. Tuez-l... !

- Une petite minute ! S'écrie alors une voix féminine provenant de la porte. C'est interdit aux garçon ici, et encore plus aux rockets !

Un groupe de filles – en vérité, celles que nous avions croisées avant de venir – apparurent dans l'encadrement de la porte.

- D'où viennent-elles celles là ? S'écrie le chef de la bande de rockets. Je croyais qu'on avait arrêté toutes les putes qui se trouvaient en ville ?

- Ah ? Fait l'une d'elle, vous voulez parler de ce groupe d'incapables censés nous attraper ? Bin, disons qu'on les a... gâté.

Grand sourire de la fille et rire des autres ; celles déjà présentes dans l'arène semblent reprendre courage.

- Les filles ! S'écrie Erika, ne nous laissons pas faire ! Boutons ces rockets hors de notre territoire !

S'ensuit alors une terrible bataille qui finit par se transformer en grand n'importe quoi : à cause d'un brouillard lancé par un smogo, toute la salle est plongée dans une fumée épaisse. Nous ne voyons plus rien du combat. Alors qu'on s'apprête à partir par la porte en haut de l'escalier -pas question de participer au combat, nous avons d'autres miaouss à fouetter -, nous avons la surprise de voir Erika gravir les marches :

- Attends, petit ! Je viens avec toi !

- Mais, et les filles ? Vous allez les laisser seules ?

- Tu as plus besoin d'aide qu'elles, je ne peux pas te laisser entrer dans le QG rocket tout seul, voyons ! Tu n'es qu'un enfant finalement, malgré tes airs d'adulte.

Elle fait quelques pas vers nous, sans même faire attention à se cacher derrière la rambarde.

Grave erreur.

J'ai perçu le sifflement strident, je l'ai entendu maintes fois auparavant quand je combattais les pokémon plantes sur les routes 24 et 25, celles qui se trouvent au nord d'Azuria. Je le reconnaîtrais entre mille. Mais à présent j'ai toujours tendance à oublier que l'ouïe d'un pikachu est beaucoup plus fine que celui d'un humain, si bien que je n'ai pas la présence d'esprit de prévenir la championne.

Celle-ci est transpercée par une dizaine de feuilles acérées comme des lames de rasoir. L'attaque est tellement puissante que la jeune femme se retrouve plaquée au mur. Sans les projectiles enfoncés dans la paroi, elle s'écroulerait. Mais elle reste là, debout, retenue par ces feuilles comme une marionnette par ses ficelles, et aussi vivante que cette dernière.

Face à cette vision morbide, Nat faillit hurler, mais je le pince violemment pour le faire taire : c'est vraiment pas le moment d'être repéré, profitons-en pour se faire la malle !

Mais Nat ne veut pas bouger tandis que la bataille semble en-dessous semble se calmer.
Slyaquali

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Malin
Exp : 2231
Date de rencontre : 23/02/2013
Niveau : 16
Eau Fée
Habitat : Loin de toi ~
Pokédex : Je suis marre

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Sam 11 Oct 2014 - 10:04

Excellent, comme d'habitude :v

Oh, du coup tu me donnes trop envie de lire la fin *v*

J'avoue qu'un résumé ne serait pas de trop, j'ai même réussit à confondre Marco et Miroku :c

_________________

Ni vue, ni connue  

Magnifique avatar par El Grande Maestro Phiphi ~:
 
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Sam 11 Oct 2014 - 10:55

ok merci sly, j'essayerai de rédiger cela demain. Pour ce qui est de la suite, la voici, avec des révélations, un nouveau pokémon et de l'humour (si si, j'arrive même à faire de l'humour quand il y a des carnages ! La team rocket s'y prête si bien...) ! Bonne lecture !

*PS : la suite de Yellow Reborn est déjà commencée. Sera t-elle terminée ? Ça, seul le sort nous le dira, c'est ça, le nuz  Hihi !

Chapitre 34


Nous restons un bon moment immobiles, planqués dans l'escalier, à regarder le corps d'Erika se vider de son sang.

Nat tremble comme une feuille. Mais moi, je me rends compte que ça me fait presque ni chaud ni froid, et je crois savoir pourquoi : à force de combattre, de voir mes amis se battre et subir ou infliger des blessures plus ou moins sanglantes, je me suis habitué à voir cette violence. Même les yeux exorbités de la défunte, sa bouche figée dans un horrible rictus et le sang qui continue de s'échapper du coup me laisse de marbre.

Je ne sais pas si c'est mal, mais en tout cas, cela me permet de garder mes esprits, contrairement à Nat qui est en état de choc. En fait, il ne se réveille que lorsqu'on entend le chef de la bande des rockets annoncer :
- Dispersez-moi ce fichu brouillard et tuez moi ces putes, qu'on en finisse ! Et ainsi, j'aurais enfin la promotion que j'attends depuis des lustres ! Alors magnez-vous le cul !
- C'est pas juste ! Et nous alors ? On s'est battu aussi, que je sache ! Alors on a aussi le droit à la promotion ! s'écrie un premier rocket avec un piafabec borgne perché sur le bras qui entreprend d'éclaircir le brouillard avec ses ailes.
- La promotion, c'est juste pour celui qui ramène la tête de la fille ? demande un autre qui possède un rattata blessé agrippé à son épaule.
- Laissez-moi la pute ! Tout le monde sait que c'est moi le plus fort ! crie un troisième, un énorme bonhomme tellement gros que les coutures de ses vêtements semblent prêtes à craquer au moindre instant.
- Nan, toi, t'es juste le plus lourd, réplique celui au rattata qui tente de calmer son hémorragie de son mieux. Moi je suis le plus intelligent, la promotion me revient de droit !
- Le plus intelligent ? Laisse moi rire ! T'es même pas capable de lire une carte ! rétorque celui au piafabec qui se met à rire en caquetant (le piafabec, pas le mec).
- Et si on y va tous ensemble, on l'aura tous, la promotion ? demande un dernier armé d'un abo qui paresse autour de son cou, indifférent à ce qui se passe autour de lui.
Cette dispute, complètement stupide entre parfaits crétins a au moins le mérite de faire sortir Nat de son état de choc. Il regarde les rockets, puis le haut de l'escalier. Enfin on en profite pour s'éclipser discrètement, ce qui n'est pas bien dur vu le boucan que font les mecs en noir au rez de chaussée.

Nous arrivons sur le toit de l'arène, étrangement dénué de végétation. Je crois que c'est fait exprès pour pouvoir s'y poser. Nat sort Marco de sa ball et nous nous envolons dans le ciel gris et menaçant qui sent l'orage à plein nez : je sens mes joues se gonfler d'énergie électrique. Mon intuition se révèle juste : à peine dix minutes plus tard, ce sont des hallebardes qui se mettent à nous tomber dessus. Cela ne nous arrange vraiment pas, car notre lézard de feu ne supporte pas bien la pluie, surtout quand elle lui tombe sur son bout de queue enflammé. Bientôt il peine à agiter les ailes. Nat décide d'atterrir dans un champ à découvert, juste à la sortie de la ville. Au sol, il rentre Marco dans sa ball et nous nous réfugions parmi les conifères de la forêt entourant la ville du vice.

L'orage éclate. Il est censé faire jour, mais il fait si sombre qu'on se croirait en plein nuit. Mais Nat ne s'en rend pas vraiment compte : il est toujours plongé dans ses pensées. Sans doute la vision de la tête d'Erika volant d'un rocket à l'autre le hante t-elle encore. A moins que se soit sa décapitation. Moi, je m'en fous, elle n'était même pas jolie, alors elle pouvait bien crever. De toute manière, leur plan n'aurait jamais fonctionné, parce que pour stocker les explosifs dans le souterrain, il aurait fallu traverser la ville envahie de rockets. Et vous imaginez la quantité de dynamite que cela aurait nécessité ? Complètement crétin, ce plan.

- Il faut qu'on retourne en ville, annonce soudain Nat alors que je regarde les éclairs zébrer le ciel en espérant qu'aucun d'entre eux ne touche un arbre à proximité. Il faut qu'on aille dans ce casino et qu'on trouve ce repaire rocket. Et on va les vaincre et trouver le moyen de visualiser les fantômes.

Tu crois qu'il suffira de demander à un fantôme de me faire réintégrer mon corps pour qu'il le fasse ? Aussi faudrait-il trouver mon corps, parce qu'il n'est pas dit qu'ils puissent le faire alors que le réceptacle se situe à des kilomètres de là. Et il faudrait déjà voir dans quel état il est, mon corps, avant de me le faire réintégrer : imaginez qu'il soit tout pourri ! Beurk, je préférerais encore être un pikachu.

Nat est décidé : il se lève et se met à marcher vers la lisière de la forêt. Ignorant les litres de pluie qui lui dégringolent sur la tête, il s'en retourne à Céladopole.

On se rend d'abord au centre pokémon afin de soigner Marco qui a dû faire beaucoup d'efforts pour voler sous la flotte après son combat. Je remarque alors que l'infirmière est bizarre : elle ne ressemble pas à celles qu'on rencontre dans les autres centres. Déjà, elle ne sourit pas comme une idiote, elle fait même plutôt la gueule. Ensuite, ses cheveux sont rouges, pas roses. Et depuis quand les infirmières possèdent-elle des balls à leur ceinture ?

Après nous avoir rendu Marco, elle nous considère un instant avant de regarder de nouveau le pokémon qu'elle vient de soigner. Ses petites cellules grises semblent s'activer. A quoi pense t-elle ? J'aimerais bien le savoir.
- Avez vous le badge de l'arène de Céladopole ? demande t-elle alors.
Ça sent le piège à plein nez ; je fais "non" de la tête à l'adresse de Nat.
Et ce con, il lui montre la feuille étincelante.

Le sang de l'infirmière ne fait qu'un tour : elle retire sa blouse dans un ample mouvement qui renverse le chariot sur lequel reposent instruments de soins et pokéballs et saute sur le comptoir ; ses pieds chaussés de bottes de cuirs atterrissent sur le bois en claquant bruyamment, ce qui alerte quelques mecs en noirs qui mangeaient voracement des glaces dans la salle de restauration située juste à côté.

- Arrêtez-le ! rugit la sbire - car elle n'est pas plus infirmière que moi, cette nana, c'est juste une rocket.

Les rockets se lèvent, mais je remarque que certains ne peuvent pas s'empêcher de finir leur glace en s'en gavant ou de l'emmener avec eux. Tu parles de sbires... Ils commencent à nous poursuivre, mais nous réussissons à leur échapper de justesse. Mais quand nous nous aventurons sur le sol pavé de la cité, nous avons la désagréable surprise d'en voir arriver de partout. Bientôt, nous sommes encerclés.

- Rends-toi, petit, dit alors un grand type blond. On sait que c'est toi qui a vaincu Erika la dernière fois. Alors tu vas nous donner tes pokémon sans faire d'histoire, et peut être alors consentirons nous à te laisser la vie sauve...

Il y a toujours de l'orage : je pourrais les électrocuter tous en même temps ! Cependant, l'attitude de Nat m'incite au calme.
- Ne me tuez pas ! se met -il à sangloter. Je vous en prie, ne me tuez pas !
Et le voilà qui s'agenouille, la tête basse et les yeux en larmes ! Mais qu'est-ce que tu fiches ? Tu vas pas les laisser nous emmener ! On ne sait même pas où ils vont...

Ah ! Mais si. Dans leur repaire. Enfin, s'ils ne nous tuent pas avant. Et c'est peut être pour cela que Nat joue à l'enfant : c'est pour faire pitié, pour pousser les rockets à nous épargner ! Pas bête, le gosse, malin même !

Je m'approche de lui et fais semblant de le consoler, tout en essayant de paraître faible. Cela semble fonctionner : devant ce petit garçon qui chouine, la plupart des rockets se regardent sans trop savoir quoi faire. Indécis, ils se mettent à s'agiter jusqu'à ce qu'il y en ait un qui s'avance. Il doit être gradé, parce qu'il a sur ses épaules les mêmes épaulettes colorées de celui qui a tué Erika.
- Relève-toi, gamin ! On t'emmène voir notre chef !
Mais Nat, excellent acteur, reste à genoux et se frotte les yeux. Il faut que le sbire s'énerve et qu'il le prenne d'un geste brusque par le bras pour qu'il daigne bouger. Et le type est si brutal que ses camarades se mettent à râler :
- Eh ! Mais sois gentil, tu vois bien que c'est qu'un gosse !
- Vous croyez vraiment que c'est à lui qu'elle s'adressait ? Il n'a pas l'étoffe d'un résistant...
- Oui, mais il a le badge de l'arène, alors il ne doit pas être si faible que cela...
- C'est certain, mais il a un dracaufeu...et la pute n'était pas si forte, je me demande même pourquoi on ne l'a pas tuée avant...
- Elle proposait de bons services...
Ils râlent tant et si bien que le chef ne sait plus où se mettre ni quoi faire. Il lâche le gamin et finit par pousser un coup de gueule qui fait sursauter tout le monde - j'en ai les oreilles qui bourdonnent. Nat pleure de plus belle, ce qui sème la discorde au sein du groupe ennemis. Ah çà, il sait semer la zizanie, le Nat, y'a pas à dire !

- Bon ! finit par s'exclamer le chef. On va le ramener au chef, le morveux, c'est lui qui prendra la décision à son sujet. J'en veux deux avec moi...(il désigne un grand type roux de l'index) toi...et toi (il montre un petit brun au nez semblable à une pomme de terre). Les autres, dispersez vous !
Il attend que les types en noir s'en retournent au centre pokémon ou dans les autres rues. Lorsque le calme revient dans la ville, le chef se tourne vers Nat :
- Bon, on y va. Au moindre geste suspect, je t'en colle une, c'est clair ?
Mon dresseur acquiesce doucement de la tête, sans arrêter de renifler. Le chef se met alors en marche, et nous lui emboîtons le pas, suivis de nos gardes du corps.

Comme l'avait dit Erika, ils nous emmènent dans le casino. Malgré la pancarte indiquant que le lieu est interdit aux mineurs, personne n'est surpris de voir un gamin comme Nat traverser la salle de jeu. Tout le monde est trop passionné par le bandit manchot pour s'en apercevoir je crois.
Enfin, nous faisons face à un poster collé contre le mur du fond. Une pokéball. Très bien réalisée d'ailleurs, tout en trompe l’œil... avant de remarquer que le bouton central EST vraiment un bouton. D'ailleurs, c'est sur celui-ci que le chef appuie. Aussitôt, un panneau plus loin sur la droite s'ouvre, laissant apparaître un escalier qui s'enfonce dans le sol. Ingénieux.

Nous suivons les rockets dans leur antre. Nos pas résonnent sur le sol dallé. Soudain, alors que nous longeons un long couloir au plafond très bas, nous entendons un bruit et quelque chose gigote un peu plus loin. Je perçois des couinements, des petits cris appelant de l'aide. Terreur, douleur, tristesse...voilà tout ce qu'indiquent des gémissements. Un pokémon est blessé un peu plus loin. Et cela n'a pas échappé à Nat qui se fige.
- Bon, avance, morveux, qu'est-ce qui t'arrive donc ? râle un de nos garde en poussant mon dresseur dans le dos.
Nous avançons de quelques pas, et nous voyons l'origine des appels à l'aide.

C'est une sorte de petit caninos, avec une crinière, des oreilles presque aussi longues que les miennes, et une grosse queue touffue. Il me paraît étrange pour un caninos, surtout que ces derniers sont roux, alors que ce petit-là est plutôt sable. Et il couine, il couine ! Le collier qu'il a autour du cou et qui le rattache par une chaîne au mur est trop serré et a meurtri sa chair délicate et il a sur lui plusieurs blessures. Dont une infectée, à l'odeur. De plus, il est affamé, et personne n'a pensé à lui apporter un bol d'eau.

Je sens alors une odeur de rage. Oups. Voilà qui a réveillé Black Nat.

De nouveau, il s'arrête devant ses gardes. De nouveau, ceux là tentent de le pousser dans le dos. Mais ce n'est pas cela qui le fait disjoncter mais le coup de pied qu'assène le chef au misérable pokémon attaché au mur. Rapide, mon cousin dégaine une des pokéballs accrochées à sa ceinture et la jette ; Hercule s'en échappe. Nat n'a aucune pitié : il ordonne à son pokémon de frapper les hommes, sans toutefois faire trop de bruit pour ne pas en faire venir d'autres. Hercule s'exécute ; les sbires ne font pas le poids face à un nidoking déchaîné - surtout que ça fait un petit moment qu'il roupille tranquillement dans sa ball, il est dans une forme olympique le titan ! Tous trois sont projetés contre les murs. Mais ils ne sont pas morts : mon ouïe perçante entend encore leur cœur battre. Mais d'ici à ce qu'ils ne peuvent plus marcher, il n'y a peut être pas loin. Tant pis pour eux. Z'avais qu'à pas faire partie de cette organisation. Ce sont des criminels à la fin ! Et les criminels doivent être punis. Fin de l'histoire.

Nos adversaires défaits, Nat s'accroupit devant le petit pokémon terrorisé. Celui-ci est encore plus terrifié en voyant le garçon, mais mon expression semble le rassurer ; il se laisse faire tandis que mon cousin le libère en forçant la serrure. Bientôt, l'espèce de caninos se frotte contre son sauveur pour le remercier, mais il n'a plus beaucoup de force et ne tarde pas à tomber d'épuisement. Aussitôt, Nat sort de son sac des médicaments et en administre une bonne quantité au pokémon - qui s'avère être un évoli, une espèce très rare et possédant d'étranges dons. Ce sont d'ailleurs ces dons qui lui ont valu d'être volé à son dresseur d'origine et d'être envoyé au casino dans l'attente d'être envoyé à Safrania pour y être étudié. Pour quelles raisons, là, il n'en sait rien. Tandis qu'il récupère de ses blessures, Nat regarde autour de lui. Il est plus calme à présent, mais je sens que sa colère n'est pas partie : un rien pourrait de nouveau le faire disjoncter. Faut vraiment qu'il pense à se faire soigner, celui-là, c'est pas normal d'être schizophrène à ce point là quand même !

Enfin, l'évoli soigné, Nat tente de le faire partir, mais le pokémon refuse : il veut à tout prix nous accompagner. Pire, il semble beaucoup s'intéresser au sac de mon cousin qui le laisse fouiller dedans. Alors que l'évoli a la tête complètement plongé dans le bagage, il se met soudain à luire étrangement. Je reconnais ce phénomène : il évolue ! Mais comment ? Qu'a t-il pu trouver dans le sac de Nat ? Change t-il de forme grâce à une pierre lune lui aussi ?

Mais non. Après l'interminable métamorphose qui me donne toujours envie de rendre mon repas (ce que je ferais certainement si mon estomac était rempli, ce qui n'est pas le cas), la lueur s'affaiblit et c'est un chien à queue de poisson qui nous fait face, une pierre bleutée coincée entre les mâchoires. Une pierre eau.
- Je veux vous accompagner, fait-il. Je veux me venger. Je ne retrouverai jamais mon dresseur, et je sais que je peux être utile dans cette équipe. S'il vous plaît, acceptez moi !

Il n'en faut pas plus à Nat : il l'accepte de bon cœur et le serre dans ses bras. Il lui apprend même la capacité que lui a donné Ondine et qui permet de cracher des bulles d'eau explosives !
Enfin, nous nous relevons et continuons notre chemin. Notre nouveau compagnon, Lame, nous est alors très utile, car il connaît les lieux. Il ne tarde pas à nous emmener devant un ascenseur. Mais un problème se pose alors.
- Je crois qu'il faut une clé pour l'activer, explique t-il. Certains de ces types en ont, mais pas tous.
En rogne, Nat ne peut s'empêcher de taper la paroi métallique de la cage d'ascenseur. Échouer si près du but ! Je comprends sa frustration, car je la partage entièrement.

Cependant, le coup de colère de mon dresseur a eu un mérite : celui d'alerter un membre de la rocket qui paraît très surpris de nous voir là. Ce temps de surprise le conduit à sa perte : Lame a le temps de le frapper en plein ventre avant même qu'il n'esquisse le moindre geste. Le garde s'écroule alors dans un grognement. Après une rapide fouille, l'aquali retire d'une de ses poches le fameux sésame qui fait sourire Nat.

Nous entrons dans la cage de métal. Dedans, ça pue la clope. Certains des gardes ne doivent pas attendre d'être dehors pour s'en griller une, on dirait. Nat regarde les différents boutons, puis appuie sur celui qui mène au tout dernier sous-sol. Après un rapide et plutôt bruyant voyage en ascenseur, nous entendons des voix :
- Dis, ça te dirait qu'on parte en vacances ensemble, un de ces quatre ? Ce serait une bonne idée, tu ne trouves pas ? Dit un homme, dont la voix me semble familière.
- Ça pourrait se faire... Où irait-on ? Répond une femme, que j'ai l'impression d'avoir déjà entendu quelque part aussi.
- Oh... Je sais pas. Loin d'ici... Un endroit où il y aurait la mer, où il ferait chaud... Et on serait tous les deux sur la plage à regarder les couchers de soleil dans ces ciels multicolores, comme ceux qu'on voit sur les cartes postales...
- Oh, ce serait magnifique !
- Et on se prendrait une chambre dans un joli bungalow en mur de bois et au toit de chaume...
- Je préférerais une maison à mur de pierre à coquillage, comme dans cette île, comment s'appelle t-elle déjà ? Tu sais, là où il y a ce fameux centre aérospatial, à Hoenn...
- Algatia.
- Là, ce serait parfait pour y passer des vacances !
- On dit qu'il y a de superbes vagues pour surfer...
- J'aimerais bien te voir surfer... Bon, si tu veux te mettre en maillot de bain, faudra quand même que tu penses à faire un peu de muscu, hein ? Et que tu passes quelques heures sous la lampe UV...
- Comment ça, je suis pas musclé ? Et je suis bronzé, regarde !
Frottement de vêtements. Bon, z'ont pas fini ? On aimerait bien continuer notre route, nous !
- C'est ça que t'appelles bronzé ? T'es blanc comme un cul !
- Ok, je suis peut être pas très musclé, ni très bronzé, mais je sais m'y prendre avec les femmes...

Silence. Peut être que si on bouge doucement, sans faire de bruit, on pourra passer sans se faire remarquer. Nat avance de quelques pas. Mais, tout d'un coup, il s'écrie :
- James ! s'écrie Nat. Que fais-tu ici ?
C'est bien lui, ce grand dadais blond, assis sur une marche devant une grande porte coulissante, accompagné de son amie, Jessie, dont il tient les mains. Penchée vers elle, les lèvres en cul de poule, il met un moment à croire ce qu'il voit. Il finit par répondre :
- Mon job. Ce qui semble être ton cas d'ailleurs, espèce d'empêcheur de tourner en rond.
Il se tourne vers sa compagne qui se détourne de lui en prend à deux mains une tasse de thé fumante, l'air contrarié. Du thé à la menthe, me dit mon nez.
- Déjà tout petit qu'il ne pouvait s'empêcher de gâcher mes rendez-vous galants, ce petit merdeux ! Cela ne change donc pas de l'ordinaire...
- Quoi ? Tu organises des rendez-vous galants ici ? demande Nat sans comprendre, un sourcil levé. Alors que t'es censé bosser en plus !

Ouais, il a l'air chouette son boulot, au James ! Flirter toute la journée avec des gonzesses tout en jambe et à grosse poitrine, le rêve ! Moi aussi, je crois que je vais m'enrôler dans la rocket si c'est tout ce qu'on me demande... Ah, mais les pokémon n'ont pas le droit, zut.
- Ce que je fais ne te regarde pas. Et il me semblait t'avoir dit de ne pas t'occuper des affaires de la team rocket, que je sache, non ?
- Oui, bah, je ne l'ai pas fait. J'ai toujours pas abandonné l'idée de te ramener avec moi. Maman est mourante, ce sera certainement la dernière fois que tu pourras la voir, et toi, tu refuses ! Tu devrais avoir honte !
- Toi aussi tu devrais t'en vouloir, car tu vas mourir alors que tu aurais dû t'occuper de ta mère. Est-ce que tu sais que ton but est pitoyable ? Même si tu arrivais à me faire changer d'avis, ce qui ne risque pas, tu n'arriveras jamais à persuader notre père de lâcher son poste à la ligue. C'est fichu d'avance, Nat, alors abandonne...
- De toute manière, renchérit Jessie après s'être brûlée la langue en buvant son thé, on ne peut pas quitter la team rocket aussi facilement. La team rocket, il faut la suivre jusqu'à la mort. On peut beaucoup y gagner, à en faire partie, mais ça nous ôte toute notre liberté. C'est un choix, petit, et ton frère a décidé d'être un soldat rocket jusqu'à sa mort. Il faut que tu l'acceptes. Surtout que s'il décidait d'en partir, c'est sa famille qui risquerait d'en pâtir. Autrement dit, si tu sauves ton frère, tu tues ta mère, c'est ce que tu veux ?
- Je pourrais te libérer, répond Nat très sûr de lui. Je ne suis pas le garçon faiblard que tu as laissé à Bourg Palette, je suis grand à présent, et mes badges le prouvent. Et je pourrais protéger maman ! Alors viens avec moi, et battons nous ensemble contre la rocket !
- Très impressionnant, admet James par pure politesse, mais cela ne change rien, désolé. Il n'est pas question que je laisse Jessie ici en plus.
- Ho, James ! Fait cette dernière en se collant contre lui.
S'ensuit une série de baiser baveux et bruyant. Quelque peu dégoûté, je ne peux que détourner le regard.
- On peut toujours emmener Jessie avec nous, reprend Nat, buté.
- Sauf que je n'ai aucune envie de m'en aller... répond l'interpellée en décrochant ses lèvres de celles de son compagnon. Désolée, gamin, va falloir que tu l'acceptes.

Soudain, la porte derrière eux s'ouvre ; James et Jessie se séparent et se lèvent précipitamment pour laisser place à un grand type aux chevaux très courts et bruns.

Je le connais, ce type.

Attendez voir...

Oui. Ce type...

C'est celui qui m'a tué.
Slyaquali

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Malin
Exp : 2231
Date de rencontre : 23/02/2013
Niveau : 16
Eau Fée
Habitat : Loin de toi ~
Pokédex : Je suis marre

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Sam 11 Oct 2014 - 11:42

White a écrit:
Mais non. Après l'interminable métamorphose qui me donne toujours envie de rendre mon repas (ce que je ferais certainement si mon estomac était rempli, ce qui n'est pas le cas), la lueur s'affaiblit et c'est un chien à queue de poisson qui nous fait face, une pierre bleutée coincée entre les mâchoires. Une pierre eau.

Oh. Fucking. Yeah.

Oh mon dieu la rencontre avec Giovanni ! J'ai hâte de voir ça ! Ca va envoyer du lourd !

_________________

Ni vue, ni connue  

Magnifique avatar par El Grande Maestro Phiphi ~:
 
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Mer 15 Oct 2014 - 19:09

Je pensais bien que l'apparition de mon aquali te ferait sourire sly ^^. Voilà, j'ai concocté un petit résumé pour ceux qui ne sauraient plus trop où on en est...

Ethan est un jeune dresseur qui vit dans la ville de Jadielle, à Kanto, avec sa mère. Petit-fils du célèbre prof Chen, il passe ses journées à battre la campagne avec son cousin préféré Joey, ignorant son autre cousin Nat lorsqu'il ne le l'humilie pas.
Quelle n'est pas sa surprise lorsque, en se baladant avec Joey sur la route 22, il rencontre un dresseur. Ayant l'envie d'en découdre avec cet adversaire, il dégaine sa pokéball. L'ennemi est coriace : en un coup, le pokémon de celui-ci tue le roucool d'Ethan. Celui-ci est touché par le coup et meurt.
Il se réveille toutefois au même endroit dans la peau d'un pikachu.
Il regagne tant bien que mal le village où vit son grand père afin d'essayer d'avoir de l'aide. Manque de bol, celui-ci l'attrape et le confie à un de ses petits fils afin de les consoler d'avoir perdu leur cousin.
Ethan se retrouve malgré lui embarqué dans une aventure où il tient le rôle du combattant fidèle, le starter.
Persuadé qu'il s'est réincarné, Ethan accepte la situation, jusqu'à ce qu'il rencontre d'autres compagnons de voyage ayant les mêmes caractéristiques que lui : d'abord Marco le salamèche puis, plus tard, Miroku le soporifik. Le mystère est finalement éclairci par le pokémaniaque d'Azuria, Léo, le créateur du stockage de pokémon via informatique. Victime lui-même d'une expérience ratée, il se retrouve à moitié pokémon et à moitié humain, ce qui lui permet de communiquer avec les pokémon.
La vérité éclate : Ethan, Marco et Miroku n'ont pas été réincarnés : leurs âmes ont été arrachées de leurs corps d'origine et ont été implantées dans des corps de pokémon.
Ethan veut donc trouver une explication à ce phénomène, et, par la même occasion, retrouver son corps. Ses expériences ne tardent pas à lui montrer que la mystérieuse mafia s'attaquant à toute la région ne serait pas étrangère à l'expérience dont il a été le cobaye.
Mais Nat, au cours de son voyage, découvre que son frère, qui a fugué depuis des années, travaille aux côtés de la team rocket. Persuadé qu'il n'y est pas de son propre chef, Nat décide de le sauver. Accompagné d'Ethan, de Marko le dracaufeu, de Miroku le soporifik mais également d'Hercule le nidoking et de Lame l'aquali, il s'efforce d'éclaircir la situation, tout en tâchant de garder ses compagnons en vie...
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Lun 29 Déc 2014 - 1:02

Enfin, après une longue absence - excusez-m'en, j'ai eu des journées très occupées et pas trop la tête à continuer les romans - je poste enfin la suite de Yellow Reborn. Je compte poster les derniers chapitres au cours de ces vacances - enfin, de mes vacances, car j'ai un mois de vacances en tout et pas de révisions non plus - afin que vous ayez enfin la fin de cette aventure qui, j'espère, vous intéresse toujours.

Chapitre 35




Oui, c'est lui. Je le reconnaîtrais entre mille. Son visage est comme marqué au fer rouge dans ma mémoire. Comment oublier ce qu'il m'a infligé ? Comment ne plus me souvenir de la mort de Samson, de ce drame ? Comment ignorer le fait qu'il n'a pas voulu retenir le geste de son pokémon ? Comment oublier qu'il m'a tué, et que ma mort a provoqué ce changement de corps, de vie, bouleversant ainsi toute mon existence ?
Ce type malsain... Je veux le tuer, l'électrocuter tellement fort que sa chair se consumera, que ses globes oculaires pendront sur ses joues émaciées et rasées de près et qu'une odeur de cochon cramé emplira l'atmosphère ! Non, mieux vaudrait le faire souffrir, le tuer à petit feu, le plus longtemps possible, afin qu'il se rende compte de ce que j'ai subi depuis que ma route a croisé la sienne... Le paralyser d'abord, puis lui asséner une grande quantité de petites décharges, et continuer jusqu'à ce qu'il en crève, ce fumier.
Et vous savez quoi ? Ce bâtard, il me reconnaît, je le vois dans ses yeux sombres. J'ai bien vu cette petite étincelle lorsqu'il m'a aperçu.
- Quelle surprise ! fait-il simplement. Regardez donc qui voilà... Ainsi donc, il est ton frère, James ? Je croyais que ce n'était qu'un bébé incapable de faire trois pas hors de la ville sans pleurnicher ?
- Je le croyais aussi, maître Giovanni, mais je crois qu'il a beaucoup grandi depuis mon départ, avoue le grand frère en baissant les yeux.
Putain. Plier l'échine devant un type pareil... Et après ça, ça va te donner des leçons... J't'en foutrais des leçons moi...
- Mais ce qui m'emplit de joie, c'est de voir que le sale gosse est toujours en vie !
Je sais qu'il parle de moi. Comment te sens-tu, connard, lorsque tu me vois ainsi coincé dans ce minable corps de souris ? Tu te sens supérieur, hein ? C'est bon, j'ai compris la leçon, tu peux me retransformer en humain... Après quoi j'te botterai ton sale gros cul d'enfoiré...
- Ce n'est même pas la peine de compter là-dessus, petit, fait-il alors, un sourire en coin.
Quoi ? Il m'a compris ? Mais quel genre d'humain est il ?
- Je comprend les pokémon, en effet, répond-il sans perdre son maudit sourire. Peut être même mieux que les humains, parce que j'ai vécu toute ma jeunesse entouré de pokémon. N'espère pas retrouver ton corps, gamin, tu ne le retrouveras pas. Je ne pensais même pas que tu vivrais aussi longtemps... Mais... ne t'es tu jamais senti faible ?
Jamais... juste lorsque j'étais blessé. Pourquoi, je devrais ?
- Intéressant, très intéressant.
- Pourquoi mon cousin Ethan vous intéresse t-il ? demande Nat.
Le grand chef se tait et paraît cette fois surpris.
- Tu sais...? il demande.
- Oui. Et j'ai l'impression que vous n'êtes pas innocent dans sa transformation, je me trompe ? Pourquoi avez-vous fait cela ? Et faites lui réintégrer son corps ! C'est un humain, pas un pokémon ! C'est monstrueux de lui infliger ça !
- Certainement pas. D'abord parce que lui-même est un être monstrueux, quand on voit comment il s'occupe des pokémon. Ensuite parce qu'il m'est utile. Du moins pour le moment... En parlant de cela, petit, tu devrais te méfier : je possède son enveloppe corporelle, et je n'hésiterai pas à m'en débarrasser si tu t'obstines à vouloir fouiner dans mes affaires. Il m'est utile, mais il n'est pas unique. Je peux me retrouver un cobaye dans la minute ! Et puis tu vas arrêter ta petite carrière de dresseur à la noix, parce que c'est ici que ton aventure va s'arrêter. Ainsi cesseras-tu de fourrer ton nez dans des affaires qui ne te concernent en rien.
Il sort une pokéball. Il veut combattre, le fumier. Attends un peu, je vais te faire la peau. Mais j'ai la désagréable surprise de voir apparaître un gigantesque onix. Pierre d'Argenta peut aller se rhabiller : cet onix-là est beaucoup plus grand que le sien qui semble être un asticot à côté. Le bougre, en plus d'être un enfoiré de première, il est sacrément fort. Mais qui est-il ?
- Je vais le battre ! rugit une voix derrière moi. Je veux me venger de ce qu'ils m'ont fait. Laisser moi combattre, je vous en prie, maître !
Lame est sorti tout seul de sa ball et fait face au serpent de pierre avec assurance. Je n'ai aucune chance contre pareil adversaire alors je lui laisse ma place.
Notre compagnon bleu ne fait qu'une bouchée du Onix : une attaque bulle d'o et il s'écroule dans un grand fracas qui fait trembler tout le bâtiment. Je me demande si les gens au-dessus de nos têtes s'en sont rendus compte, plongés comme il le sont dans leur jeu idiot qui les mènera à leur perte. Le pokémon roche n'a pas pu esquiver l'attaque à cause de la taille réduite de la pièce qui l'a empêchée de se mouvoir comme il le voulait. Comme quoi, c'est pas parce qu'on est gros qu'on gagne forcément !
Le second pokémon du chef rocket est un rhinocorne. C'est étrange : qu'a t-il fait de son rhinoféros, celui qui a tué Samson ? Je voulais le voir mourir de la même façon qu'il a tué mon roucool. Tant pis, il me faudrait me contenter de la mort de ce gros lourdeau là.
Lame réitère son attaque bulle d'o qui est fatale à son adversaire qui s'écroule aussi rapidement que son camarade.
- Tu as un bon pokémon eau, dommage pour moi, fait alors Giovanni en empoignant une nouvelle ball. Cependant, ton toutou aquatique ne sera d'aucune utilité face à mon dernier pokémon : Persian !
Cette fois, c'est un grand chat crème que laisse apparaître le rayon rouge de la sphère. Le fauve s'étire paresseusement et nous regarde de son air supérieur. En me voyant, il ne peut s'empêcher de se lécher les babines avec délice. Oui, je sais, je suis une souris, et toi t'es un chat. Merci de me le faire remarquer. Mais tu vas payer pour avoir osé pensé me manger !
Je me place devant Lame qui me regarde d'un air surpris :
- Arrête, tu ne fais pas le poids, laisse-moi m'en occuper, qu'il me dit.
- Laisse tomber Lame, j'ai un compte à régler avec ce type. Alors t'es gentil et tu retournes près de Nat.
Le chien nageur soupire, secoue noblement sa tête recouverte d'écailles puis obéit, me laissant seul face à mon adversaire qui est, au passage, beaucoup plus grand que moi.
- Ridicule, fait Giovanni. Ta souris électrique n'arrivera jamais à vaincre mon persian rigoureusement entraîné.
- J'ai confiance en Ethan, réplique Nat.
Le chef rocket ricane puis agite la main avec désinvolture.
- Comme tu voudras, jeune sot. Persian ! Mords-moi ce rat des champs !
Je m'y attendais. On ne peut pas faire confiance à ce type, alors j'ai préparé mon attaque depuis que je m'étais placé devant Lame.
Je relâche toute mon électricité accumulée ; mon coup fait mouche : le chat est touché. Avec un hurlement semblable à un hululement, il est projeté en arrière et atterrit brutalement sur le sol dallé en crachant du sang. Mon coup a été plus efficace que prévu : il est paralysé ! Cependant, vigoureux, il parvient à se relever, mais il ne peut empêcher ses mouvements d'être plus lents. Il tente de m'attaquer, mais j'esquive sans difficulté. J'attaque de nouveau, mais mon adversaire, qui semblait trop faible pour bouger, jouait la comédie : d'un bond, il réussit à éviter le coup. Son saut lui permet de se rapprocher de moi, si bien qu'il en profite pour me mordre sauvagement avant même que je puisse esquisser le moindre geste. Ses crocs acérés s'enfoncent dans ma chair comme dans du beurre.
- ETHAN ! hurle Nat.
Son cri est lointain, comme si j'avais des cotons dans les oreilles. Merde. Ça va pas du tout, voilà que ma vue se brouille !
Il faut que je finisse ce combat au plus vite, pendant qu'il me reste suffisamment de forces. Mais Nat n'entend pas cela comme moi :
- Ethan, reviens !
Certainement pas, mon coco. Je préfère mourir face à ce sale type plutôt que me carapater dans ma pokéball la queue entre les pattes.
Mon cousin tente de m'attraper avec une ball, mais, malgré ma faiblesse, j'esquive sans difficulté le faisceau rétrécissant de la capsule. J'en ai pas fini avec mon adversaire, pas question de rentrer, merde !
Le persian se prépare à une nouvelle attaque sous le regard amusé de son maître. Loin de se lamenter de la perte de ses précédents pokémon, ce combat semble juste être une distraction pour le chef de la team rocket. Mais quel genre de monstre est-il ?
Je me mets à trembler. L'expression du Persian change : il a déjà gagné. Le coup suivant ne sera que pure forme. Nat hurle et tente de m'obliger à rentrer dans ma ball. Une nouvelle fois, j'esquive le rayon rouge, mais je rate mon atterrissage et m'écroule lamentablement au sol dans un coin de la pièce.
C'est ce qu'attendait le félin crème : profitant de mon état de vulnérabilité, il se rue sur moi, forçant ses muscles à moitié paralysés à obéir, crocs en avant, les griffes acérées sorties de leurs fourreaux telles des épées mortelles. Il lève une patte, se prépare à me lacérer.
Et grille sur place ; une odeur âcre emplit la pièce tandis que le chat prend littéralement feu sous la puissance de l'électricité.
Il ne faut jamais attaquer une souris de la foudre acculée dans un coin. Surtout si dans celui-ci se trouve une prise électrique. Aveuglée par la certitude de victoire, le Persian n'a pas vu ma queue placée dans la prise circulaire qui m'a permis d'accroître ma puissance.
Giovanni contemple le spectacle de son pokémon enflammé tout en agitant le bras devant son nez pour éviter de respirer la fumée. Il ne semble pas s'émouvoir de la perte de son pokémon. Au contraire, il semble même ravi, le salaud. Il s'approche de nous et paraît me regarder avec une sorte d'admiration :
- Si tous les pokémon étaient comme toi, nous, humains, ne ferions pas long feu contre eux , dit-il en poussant du pied le cadavre calciné sans plus de cérémonie. Heureusement pour nous, ils sont bêtes comme leurs pieds.
Dis pas ça devant Hercule, il t'étriperait sans hésitation, mon vieux. On devrait peut être penser à le sortir, celui-là...
- Vous avez perdu, Giovanni ! répond Nat. À présent, vous allez arrêter vos sales affaires et disparaître !
- Et si je ne le fais pas ? N'oublie pas qui tu es, gamin : un simple mioche, face à moi, l'homme le plus important de la région après le président en personne !
- Je vais révéler tous vos crimes aux médias ?
- Aux médias ? Tu plaisantes, j'espère ? Ils me mangent tous dans la main, tes médias, petit, car ils savent très bien que s'ils s'avisent de me faire du tort, il devront mettre la clé sous la porte. Ou pire... Aux dirigeants ? Même chose. Un accident arrive tellement vite... Et, franchement, qui écouteraient les gens : moi, un homme important, influent, charmant et bien habillé de surcroît ? Ou bien toi, un simple petit dresseur de pacotille, échevelé, malpoli et sale comme s'il sortait d'une benne à ordures ? Laisse tomber, gamin. N'oublie pas que je possède le corps de ton cousin. Tu n'aimerais pas être le responsable de sa mort, non ?
"Dans ce cas, c'est moi qui attaquerai !" je hurle en me ruant sur l'homme, lâchant mes étincelles meurtrières qui ricochent contre les murs.
Il me rit au nez.
- Tu es vraiment un petit rigolo, toi. Attends un peu, petit pikachu : tu ne me crois pas assez stupide pour faire face à une créature électrique sournoise comme toi sans protection, j'espère ? Si c'est le cas, ce serait bien mal me connaître. Aucune de tes attaques ne me fera le moindre mal.
Nat déglutit tandis que je tente de réprimer ma rage.
- Rendez-moi au moins mon cousin... et je vous jure que je n'interviendrai plus dans vos affaires. Je vous promets que je relâcherai mes pokémon s'il vous le voulez vraiment. S'il vous plaît.
Merde ! Le voilà qui le supplie à présent ! Eh, Nat, reprends toi, c'est notre ennemi, ce type, alors va pas lui demander un truc pareil ! Il n'acceptera jamais ! On trouvera un autre moyen de me faire réintégrer mon corps, t'en fais pas !
Mais Giovanni reprend :
- Tu abandonnerais ton rêve pour sauver ton abruti de cousin ?
- Oui. Parce que, mon rêve... il ne se concrétisera jamais de toute manière. Vous l'avez dit, je suis faible. Comment pourrais-je aller à la Ligue alors que je ne suis pas capable de faire abstraction de mes sentiments ? J'en suis tout simplement incapable. Tout ce que je veux en échange, c'est que vous me rendiez mon cousin. C'est tout ce que je souhaite.
Le maître de la team rocket garde un moment le silence, fixant de ses yeux froids et noirs le garçon devant lui. Soudain, il semble prendre une résolution : il tourne les talons, se dirige vers son bureau dont il ouvre un tiroir. Il en retire une paire de lunettes étranges, à montures rondes et noires munies de boutons sur les branches.
- Prends ça et va à Lavanville, dans la tour. Attrape un fantôme grâce à ces lunettes, puis reviens me voir à Safrania. Le garde te laissera passer. Va directement à la Sylphe Sarl. Là, je te rendrais ton cousin. En échange, je déchirerai ta carte dresseur et te prendrai tous tes pokémon. Tu n'auras plus jamais le droit de posséder de pokémon, c'est compris ?
À mon grand effarement devant pareille offre, Nat acquiesce et tend la main devant lui. Giovanni la serre.
- Je t'attendrai à la Sylphe Sarl ! lance ce dernier.
La lumière s'éteint alors dans la pièce ; dans le noir complet, j'entends des claquements, des bruits de pas. Quand l'éclairage revient, nous sommes seuls dans la pièce. Plus de Giovanni, ni de James, ni de Jessie. En sortant de la pièce, seul un grand silence nous entoure, ponctué du grésillement agaçant des lampes néons qui éclairent le lieu d'une lueur blafarde. J'ai hâte de sortir d'ici, de respirer à plein poumon l'air vicié de la ville. On se regarde, Nat et moi. Un sourire se dessine sur les lèvres du garçon.
- Me regarde pas comme ça, Ethan. Je sais très bien ce que je fais. Je ne veux plus que tu souffres. Aujourd'hui encore, j'ai failli te perdre. Ça n'arrivera plus, et même si pour cela je dois te stocker dans le pc, crois-moi, je le ferai. Je veux juste te protéger.
Me protéger. C'est ce petit minus qui veut me protéger. Te rends-tu compte qui tu veux protéger, gamin ? Une bête, une brute, un être qui ne sera jamais plus humain. Je n'ai plus de clémence contre mes adversaires à présent. Je me moque de leur souffrance, elle ne m'atteint plus et ce depuis longtemps. Giovanni n'a pas seulement transformé mon corps, mais mon âme aussi. Il y a fort à parier que plus longtemps je resterai dans ce corps, et plus ma transformation se fera sentir. J'ai toujours pensé que les pokémon apprenaient leurs attaques en fonction de leur puissance. En tout cas, ça a toujours été le discours de notre vénéré grand père, le Docteur Ès pokémon, le grand Chen. Il n'en est rien. Notre puissance, nous l'avons dès la naissance. Mais nous acquérons nos attaques les plus mortelles au fur et à mesure que notre cœur et notre âme s'emplit de haine. En somme, plus nous grandissons, plus nous combattons, et plus notre cœur se durcit pour ne plus sentir la souffrance de notre adversaire, et plus nous apprenons d'attaques mortelles pour nous défaire de ces derniers le plus rapidement possible, jusqu'à devenir, au final, que des assassins dans cœur ni âme, des machines de guerre tout juste bonnes à tuer, tuer, et encore tuer.
Combien de temps me reste t-il avant de sombrer dans cet état d'âme ?
Nous entrons dans l'ascenseur. Tandis que la cabine monte en tremblant légèrement, mon dresseur observe l'objet donné par le chef de la rocket.
- Elles doivent permettre de voir les fantômes. Ingénieux.
Certainement pour pouvoir en attraper pour mettre au point leur plan machiavélique. Ce sont les fantômes qui permettent le transfert d'âme, ils ont dû en avoir besoin pour parfaire leur technique. Mais pour en avoir, il faut les attraper et donc les distinguer...
Les portes de la badine métallique s'ouvrent ; Nat sort, scrutant toujours les lunettes avec étonnement. Je le suis.
Mes poils se hérissent soudain sur mon échine. Je n'ai pas le temps de partager mon sentiment à mon cousin.
Coup de feu. Nat s'écroule.
Iloufilm

avatar

Champion de Port Tempères
Champion de Port Tempères


Nature : Gentil
Exp : 361
Date de rencontre : 09/11/2014
Niveau : 22
Eau Plante
Pokédex : Aucune information.

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Lun 29 Déc 2014 - 12:02

Noooooon Nat D:
Mon dieu ce stress de fin de chapitre O^O
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Mer 31 Déc 2014 - 10:58

Comme pour marquer la fin de cette année, je vous propose ce nouveau chapitre.
On entame d'ailleurs une de mes parties préférées pour écrire les romans sur Kanto : Lavanville et sa tour à fantômes ! Encore une fois, je me suis faite très plaisir en écrivant ces chapitres à caractère stressant et morbides par moment. Alors, je vous préviens : âmes sensibles s'abstenir !!


Chapitre 36




Nat demeure immobile sur le sol carrelé du repaire. Du sang apparaît sous lui.
Je me retourne en direction du coup de feu. C'est un garde rocket, certainement oublié là ou laissé à dessein par ce fourbe de Giovanni. Ça ne m'aurait pas étonné de lui, c'est un serpent-né.
- Et voilà, le rôdeur est mort, je suis sûr que j'aurai une belle récompense pour ma peine ! Bon, plus qu'à descendre le cadavre au chef, et à moi ma prime !
Ok, j'ai rien dit. Il a juste été oublié au final. Mais pas pour longtemps.
Je m'apprête à le punir, mais c'est Hercule qui sort de sa ball : d'un coup de poing il éclate la tête de l'homme ; sa cervelle se répand sur le plancher et sur le mur. Nous sommes tous deux tâchés de sang et de morceaux rosâtres, mais nous nous en moquons : toute notre attention est portée sur notre maître, toujours étendu sur le sol.
- Tu crois qu'il est mort ? demande Hercule.
Je regarde au plus profond de moi-même. Le Lien est toujours là, ténu certes, mais toujours bien présent.
- Non. Mais il ne faudrait pas tarder à l'emmener aux urgence avant qu'il ne soit trop tard.
Le nidoking se penche et ramasse notre maître. Je remarque le trou provoqué par la balle du pistolet au niveau de l'épaule. J'espère qu'elle n'a pas sectionné d'artère, sinon quoi on est vraiment mal.
Nous débouchons du repaire et arrivons dans le casino, que nous traversons. Tout le monde est si absorbé par les machines à sous que nous passons inaperçus. En sortant du bâtiment, je sens le Lien se fragiliser, comme s'il pouvait casser à tout moment.
- Dépêchons-nous ! Je ne peux m'empêcher de hurler.
Nous nous élançons dans la nuit illuminée par les guirlandes et les enseignes lumineuses en direction du centre pokémon.


*


Il a finalement fallu 3 jours pour que Nat se réveille enfin. Il a ouvert un oeil, puis l'autre, avant de constater la présence de tous ses compagnons autour de lui : Marco dans un coin de la pièce, Hercule dans un autre, Lame couché sur la descente de lit et moi-même couché à côté de lui. Seul Miroku manquait à l'appel - sans doute draguait-il encore une des infirmières, comme à son habitude.
- Que s'est-il passé ? a t-il alors demandé d'une voix cassée. Et où suis-je ?
Lavanville, dans le centre pokémon. Et pour la seconde question, regarde donc ton épaule, elle devrait t'éclairer.
Ouais, Lavanville, parce que, évidemment, le centre pokémon de Céladopole était plein, alors on a dû se farcir tout le putain de souterrain puant pour se rendre à cette horrible bourgade de Lavanville. D'ailleurs, ça fait plusieurs nuits que je ne parviens pas à fermer l'oeil, j'ai hâte de partir.
Au final, la blessure de Nat était superficielle, et, bien qu'il ait perdu beaucoup de sang, il ne mettrait pas longtemps à s'en remettre. En tout cas, c 'est ce qu'a dit le médecin qui s'est occupé de lui et j'espère qu'il a raison parce qu'on ne peut pas se permettre de poireauter trop longtemps ici. La proximité de cette tour à fantômes me donne des sueurs froides. Le plus étonnant est qu'aucun de mes compagnons ne semble affecté par ce phénomène. Peut être cela a t-il un rapport avec le fait que je sois un produit de ces fantômes... Ouais, c'est peut être cela. Mais non, sinon Miroku et Marko le sentiraient aussi… mystère.
Une infirmière ne tarde pas à venir s'enquérir de l'état du malade et le trouve plutôt en forme. Pour ma part, je le trouve un peu pâlot. Mais bon, il est vrai qu'il s'est quand même pris une balle dans le bras...
Toutefois, le médecin préfère que Nat reste encore quelques jours. Il me faut donc prendre mon mal en patience.


*


Je deviens fou. Dès que le sommeil m'enveloppe, je vois des morts, des cadavres décharnés et des orbites vides d'yeux se tourner vers moi et me regarder. Quelque fois, comme pour en rajouter à ce tableau morbide, un insecte leur sort des orbites sombres et des restes d'organes pendent à leurs côtes quelques fois brisées. Certains sont plutôt en bon état - mis à part qu'ils sont morts - tandis que d'autres voient leur corps horriblement disloqués et tordus. Ils peuvent être recouverts de peau ou bien n'être plus que des squelettes mouvant. Mais tous sans exception ont une âme. Et tous chuchotent. Et tous ces chuchotement forment une véritable cacophonie qui, lorsqu'elle devient trop forte, me pousse au réveil en hurlant.
Voilà ce que je vois toutes les nuits depuis que je suis dans cette ville. Ces morts semblent vouloir me dire quelque chose, mais je suis incapable de savoir quoi : la peur me terrorise et m'empêche d'entrer en contact avec ces cadavres.
Mais cette nuit-là, la foule de morts laisse place à un seul mort, sous la forme d'une créature bipède portant une massue en forme d'os : un ossatueur.

Ses globes ne sont pas entièrement sombres : au fond du crâne, je vois deux pupilles rouges et lumineuses comme les yeux d'un miaouss éclairé par le faisceau d'une lampe torche en pleine nuit. De ce fait, le mort me paraît horriblement vivant. Mais lorsqu'il bouge, on ne dirait pas que c'est lui-même qui met son corps en mouvement : un marionnettiste semble lui dicter tous ses gestes.
L'ossatueur se rapproche de moi ; je suis incapable de bouger, complètement paralysé ; je ne peux qu'observer que le lent mouvement de son corps décharné et ses yeux qui me fixent sans jamais ciller. Il est si près qu'il pourrait me toucher. C'est ce qu'il fait. Je tente de hurler, de me réveiller, mais rien n'y fait, c'est comme si j'étais prisonnier de ce lieu maudit.
Il me touche. Ma tête me paraît sur le point d'exploser. La douleur est intense. Se déversent en moi son histoire, sa douleur, son chagrin, sa colère, sa haine, tous ces sentiments mélangés dans un seul et même but : la vengeance. Je vois des gardes en noir m'attraper brutalement par la queue ; je tente de me défendre, mais l'homme me frappe méchamment et des lumières dansent un instant devant mes yeux ; assommé, je tombe au sol tandis qu'un deuxième homme semble voir quelque chose derrière moi ; ses yeux luisent ; Je me relève tant bien que mal et lui fait face, prêt à en découdre ; je lève bien haut ma massue au-dessus de ma tête ; je veux le tuer, non, les tuer, tous les deux, ces sales humains ; mais les hommes rient ; l'un m'attaque à droite, l'autre à gauche ; si je frappe le premier, le second parvient à me bousculer ; je tombe de nouveau au sol ; là-dessus, mes agresseurs se mettent à me frapper sauvagement comme des bêtes féroces. Qui sont-ils ? Ça, des humains ? Je ne peux pas le croire : même des pokémon n'agissent pas ainsi, ne tuent pas ainsi pour le plaisir de faire le mal. Mais ils continuent, me frappent sans relâche. Je sens mes côtes se briser sous la puissance de leurs coups, l'un de mes poumon crever, mes pattes se casser. L'un des coups m'éborgne. Il y a tant de sang que mon autre œil se retrouve bientôt collé par le liquide sombre et chaud. Mes dents s'arrachent, une à une. Je crois que quelques unes se sont retrouvées dans ma gorge, parce que je les sens qui descendent le long de mon œsophage en me blessant. Mais ce n'est pas tout. Lorsqu'ils arrêtent de me frapper, ils se mettent à rire. L'un d'eau sort de sa poche un briquet, l'allume et l'approche de moi. Ça brûle, mais je suis incapable de bouger d'un pouce : ma colonne vertébrale semble avoir subi des dégâts. La peau cloque, une horrible odeur de cramé emplit mes narines qui pissent le sang. Le jeu ne semble pas les amuser plus que cela, puisqu'ils rangent le bâton de feu pour en sortir un autre d'où sortent des étincelles qui crépitent. Avec un grand sourire, l'un des hommes me le colle sur le dos.
Je voudrais mourir. Je n'arrive même plus à penser correctement. Mes dents s'entrechoquent tellement qu'elles finissent toutes par casser. L’œil qu'il me reste finit par sortir de son orbite.
Je voudrais mourir.
Mais il y a le petit.
Je ne peux pas l'abandonner.
Je veux les tuer.
Je veux les tuer.
Allons les tuer, fait alors une voix. Allons-y. Ensemble.
Quelque chose me pousse à me relever tandis que je recouvre soudain la vue. Mais je ne vois pas comme avant, tout est bicolore, non pas noir et blanc, mais lumière et ténèbres. Les hommes sont lumière.
Je dois éteindre les lumières.
Ma massue à la main, j'éclate les lumières qui semblent alors s'envoler vers les cieux. Mais elles restent coincées au plafond. Le plafond, il semble constitué de milliers de lumières, alors que le reste de la tour n'est que ténèbres.
Non, il y a de nouvelles lumières qui apparaissent, là, tout en bas. Des lumières éblouissantes entourant une autre vacillante.
Je dois éteindre les lumières.



*


- ETHAN ! ETHAN ! Bon sang réveille-toi ! ETHAN !
J'arrive enfin à émerger du sommeil, de cet horrible rêve qui n'en paraissait pas un. Je suis trempé de sueur, mon cœur bat tellement vite qu'il semble sur le point d'exploser. Je n'arrive pas à reprendre mon souffle, mes poumons semblent paralysés et mes muscles se crispent compulsivement. Que m'est-il arrivé ? Pourquoi ce rêve ? Est-ce une prédiction ? Vais-je mourir ainsi ? Ça paraissait tellement vrai !
Nat me regarde, effrayé.
- Bon sang, Ethan, j'ai cru que tu faisais une attaque : tu t'es mis à hurler à t'en exploser les cordes vocales pis ton corps a commencé à se convulser. Mais que t'es t-il arrivé ?
Je dois éteindre les lumières.
"Il va y avoir un meurtre. Ou il s'est déjà produit. Dans la tour. Les fantômes tuent les humains. On ne doit pas y aller, ou ils nous tuerons aussi..."
Nat fronce les sourcils. C'est pas la première fois qu'il semble comprendre mes paroles.
Nous entendons soudain la porte de la clinique s'ouvrir. La chambre de Nat se situant dans l'aile est du bâtiment, on entend toujours ce qu'il se passe dans la pièce principale qui tient lieu de hall d'entrée et de cafétéria.
Nat ne peut s'empêcher d'aller voir, curieux.
- Tiens donc ! Mais ce ne serait pas le petit Natinou à sa maman, ça ?
Joey. Aussi dédaigneux que d'habitude, malgré sa voix quelque peu chevrotante.
- Joey. Qu'est-ce que tu veux ? Encore un duel ?
- Laisse tomber, minable. J'suis pas d'humeur à ça.
- Et pourquoi donc ? T'as déjà perdu ?
- Eh, ho, fais un peu attention à ce que tu dis ! J'ai pas perdu, j'ai juste préféré quitté la tour. Il s'y passe de drôles de choses là-bas.
- Y'a des fantômes dans la tour, on te l'a pas dit ?
- Ouais, mais y'a aussi le vieux qui a disparu là-dedans. Y'a une récompense si on le retrouve.
- Un vieux ? Quel vieux ?
- Celui qui s'occupe des pokémon abandonnés et qui avait l'habitude de se rendre dans un tour. Un jour, il s'y est rendu, et il n'est jamais revenu. Les gens pensent qu'il est mort. Y'a des types qui ont essayé de le retrouver, mais pas un n'a refait son apparition depuis.
Une lumière vacillante, entre deux autres éblouissantes.
"Il est là-bas, le vieux. Je crois que ce sont des rockets qui l'y ont forcé."
Nat se retourne vers moi, interdit. Il me prend pour un fou. Je ne lui en tiens pas rigueur : je crois que si nos rôles avaient été inversés je penserais la même chose.
Mais Nat me croit.
- On va y aller, dans cette tour, déclare t-il. On va voir ce qui est arrivé à ce monsieur.
- Tu tiens pas à la vie, on dirait, rétorque Joey. Je viens de te dire que personne n'en revient vivant, de cet endroit.
Mais Nat l'ignore et prépare ses affaires. Il enlève son pyjama, grimace lorsqu'il doit bouger son bras, et enfile ses vêtements de tous les jours. Et il n'oublie pas de prendre les lunettes permettant de voir les fantômes. Des infirmières tentent de le retenir, mais il prétend juste avoir besoin de faire un tour et de s'oxygéner. Sa vie n'est plus en danger, alors elles le laissent partir.
Nous sortons. Comme pour rajouter encore de l'horreur au tableau, il fait nuit noire et il pleut. Encore secoué par mon cauchemar, je grelotte. Nat se dirige d'un pas assuré vers la tour qui se dresse devant nous, si haut qu'elle semble être en fait un passage direct vers l'au delà.
Nous pénétrons dans la tour. Tout est silencieux et vide. Non. Les chuchotements. Je les entends. Ils semblent provenir de tout en haut. Je lève la tête. Impossible distinguer le sommet de la tour.
Mon cousin se dirige vers le premier escalier, un escalier de marbre gris clair strié de marques noires. Ses pas semblent résonner à l'infini dans l'immensité du bâtiment.
Deux nouvelles lumières sont apparues.
Je secoue la tête pour effacer ces visions. Il sait que nous sommes là. Il est quelque part là-haut.
L'une est faible, mais l'autre... je n'ai jamais vu pareille lumière.
Il parle de Nat, sûr qu'il parle de lui, il veut le tuer !
J'essaie de retenir mon cousin, qui ne comprend pas.
- Ethan ?
"Ne monte pas, Nat, il veut te tuer, comme il a tué tous les humains ! Il ne faut pas que tu montes !"
- Laisse-moi faire, Ethan. Fais-moi confiance. Ne t'inquiètes pas.
Nat monte. Je le suis, mon esprit toujours relié à celui du prédateur posté tout là haut. J'ai l'impression d'être la proie d'un rapasdepic qui peut fondre sur moi à tout moment.
Nous traversons le premier étage sans rencontrer âme qui vive. Ce n'est pas très rassurant.
Mais pourquoi ne bouge t-il pas ? Il pourrait tout à fait atterrir devant nous et nous tuer d'un claquement de doigts, ce serait facile. Mais pourquoi ne le fait-il pas ? Qu'est-ce qui le retient là-haut ?
Au second étage, les choses changent : il y a quelqu'un, debout comme un i, qui nous regarde. Mais cette personne me fait froid dans le dos. Elle n'est pas vivante. Elle n'est pas humaine. Et ses yeux...
Ils sont rouges et étincelants.
D'un bond, elle est sur nous et attrape la gorge de Nat.
Neowstix

avatar

Elite 4
Elite 4


Masculin Nature : Relax
Exp : 1999
Date de rencontre : 25/05/2013
Niveau : 19
Psy Ténèbres
Habitat : Trying to pursue my true self.

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Mer 31 Déc 2014 - 12:13

Tout le monde veut tuer Ethan en fait X)

_________________

.
Iloufilm

avatar

Champion de Port Tempères
Champion de Port Tempères


Nature : Gentil
Exp : 361
Date de rencontre : 09/11/2014
Niveau : 22
Eau Plante
Pokédex : Aucune information.

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Mer 31 Déc 2014 - 12:53

Sylver a écrit:
Tout le monde veut tuer Ethan en fait X)

On pourrait faire une remix rien que sur ce fait x)
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Ven 2 Jan 2015 - 12:01

Bonne année à tous !
Et pour fêter dignement cette nouvelle année, nouveau chapitre !
Et, encore une fois : âmes sensibles s'abstenir, car nous sommes toujours dans la partie de Lavanville - qui dure assez longtemps, j'en conviens, mais cette partie du jeu m'inspire toujours mdr. Bonne lecture !!


Chapitre 37




Nat tombe au sol, le cou toujours enserré par la femme aux yeux rouges et démentiels.
Sans réfléchir, je me lance sur mon cousin, tous crocs dehors, et fais face à la créature.
"Arrête ! Ne le tue pas, il n'est pas ton ennemi ! "
La créature arrête son geste, reste immobile un instant, puis hoche la tête sur le côté. Et, soudain, sa bouche s'ouvre à s'en décrocher la mâchoire et quelque chose en sort. Un fantôme. Pas besoin de lunettes pour le voir, je le discerne parfaitement. Le corps humain tombe mollement sur Nat qui tente de s'en débarrasser. L'âme qui était autrefois dedans doit être morte depuis longtemps.
"Qui es-tu?" demande le fantôme d'une voix sifflante. "Ou, plutôt, qu'es tu ? Je n'ai jamais vu d'êtres tels que toi."
"Je suis humain. Enfin, je l'étais, jusqu'à ce que quelqu'un enferme mon âme dans ce corps."
"C'est l’œuvre de l'un d'entre nous." affirme le fantôme en me regardant de plus près. "Ta lumière est splendide. Tu es si lumineux et si chaud, j'ai l'impression de refaire face au soleil."
"Celui qui tue les humains, il les voit aussi, ces lumières. Le fantôme qui reste là-haut, immobile, et qui attend qu'on passe pour nous tuer."
"Nous les voyons tous, les lumières. C'est ce qui nous nourrit. Et l'être dont tu parles, c'est le Vengeur, le meurtrier qui nous a poussé à la révolte."
"Qui est-il ?"
"Un fantôme, comme moi, mais allié à une âme nourrie de vengeance. C'est pour cela que nous l'appelons le Vengeur."
"Mais alors, ces meurtres, cette révolte, de qui est-elle le fruit : du fantôme, ou du pokémon qu'il hante ?"
"Des deux. L'un a appelé l'autre, l'autre a répondu, et, à présent, ils se battent ensemble pour que la justice règne. Mais pour qu'ils se calme, il faut qu'ils aillent au bout de leur vengeance. Sauf qu'ils n'y arrivent pas, ils sont bloqués. Alors ils restent et patientent."
"Pourquoi n'y arrivent t-ils pas ?"
"Ils sont bloqués par quelque chose qu'ils ne peuvent dépasser."
"Emmène nous à eux. Nous pouvons les aider."
Le fantôme ferme à demi les yeux, comme s'il réfléchissait.
"Ta lumière est si forte... Et ton aura tellement particulière... Tu dois beaucoup lui plaire, au Vengeur. Car tu l'as vu, n'est-ce pas ? Je le sens. Je le vois. Il t'a choisi. Alors suis-moi."
Le fantôme fait volte face et traverse la pièce où se dressent une bonne centaine de tombes que je n'ai pas eu le temps de remarquer auparavant. Nat me regarde étrangement.
"Regarde le fantôme, pas moi, andouille !"
Il fronce les sourcils, signe qu'il a compris, mais son regard reste posé sur moi.
- Te fiche pas de moi, Ethan. Y'a juste ce truc qui m'est tombé dessus, mais aucun fantôme.
"Mets tes lunettes dans ce cas."
Il grommelle et pose les verres sur son nez. Sa bouche forme alors un o de surprise.
- Et toi, tu arrives à le voir ? Sans lunettes ? Comment ça se fait ?
Je ne réponds pas et préfère suivre notre guide qui nous fait traverser d'autres étages contenant tous des tombes plus ou moins usées par les années et des femmes possédées par d'autres fantômes. Personne ne nous cherche querelle. Je crois que notre guide nous protège. Nat semble plutôt détendu, même s'il tressaille lorsque nous tombons dans des lieux tâchés de sang, signe d'un précédent massacre. L'odeur qui règne là est un mélange de moisi, de sang frais, de cadavre mais également une senteur de pierre morte portée par les murs. Les chuchotements m'entourent toujours, mais je les ignore.
Nous gravissons un autre escalier, puis encore un autre. J'ai arrêté depuis longtemps de compter, ça n'en finit pas.
Mais, soudain, un dernier escalier nous fait déboucher sur un bien étrange spectacle.
Sous un plafond lumineux comme l'astre solaire, un vieil homme est attaché à une pierre tombale, au fond d'une pièce où les tombes sont alignées en cercle parfait. Chacune des pierres tombales portent un signe particulier, étrange, une sorte de rune ancienne, alphabet d'un peuple ancien et oublié. Aux côtés du vieil homme, quatre rockets se tiennent serrés les uns contre les autres. Devant eux se tient le Vengeur. Impossible de le louper. Il émane de lui une telle odeur qu'on s'étonne de le voir si petit. Son fumet est terrible, mélange de putréfaction, de cadavre et de sang. Mais le plus terrible est ce qui émane de sa personne, cette impression de carnage.
Mais pourquoi ne veut-il pas tuer les rockets ? Qu'est-ce qui l'en empêche ?
Il se tourne vers moi : il m'a senti venir.
"Ils l'ont."
Sa voix n'est pas un sifflement comme son camarade fantôme, mais un gargouillement horrible et caverneux, comme si  le son résonnait dans le crâne épais mais vide d'ossatueur.
"Qui ça ?" je répond sans comprendre tandis que les chuchotements se font plus forts.
Il tend sa main décharnée et disloquée vers moi ; un craquement sonore se fait entendre dans son épaule : celle-ci, brisée, se casse en morceaux. L'os n'est plus retenu que par des lambeaux de peau. Le corps ne tiendra plus très longtemps.
"Assez pour assouvir mon besoin de vengeance." fait-il.
Réprimant un haut-le-cœur et ma peur, je m'approche du Vengeur, jusque sous sa main tendue dont la peau se décolle par endroit. Il me touche et, aussitôt, des visions pénètrent mon esprit. J'ai compris.
Je me tourne vers Nat qui est blanc comme un linge à la vue du ossatueur.
"Ces rockets tiennent le petit du ossatueur en otage, ainsi que le prêtre, afin de se protéger du Vengeur."
Mais mon cousin n'a pas fait attention à moi : son attention est toute entièrement portée sur l'homme blond au fond de la pièce, collée contre la femme rousse.
- James ! Que fais-tu ici ?
Oui, c'est bien lui. Il réprime un sourire, l'hypocrite, avant de lancer :
- J'avais ordre de t'attendre ici et de te tuer, mais ce diable de fantôme vengeur nous en empêche. Tout ce qu'on a trouvé pour se protéger, c'est se coller au papy qui semble repousser les fantômes. Cependant, si tu pouvais nous donner un coup de main, ce ne serait pas de refus.
Nat, écoute moi. Ton frère ne te tuera pas, ça, c'est certain, mais le Vengeur, oui.
- Pourquoi, me tuer ? On avait un marché, ton chef et moi ?
Giovanni ne tient jamais ses promesses, alors à présent, écoute moi, bordel !
Pour attirer son attention, je lui envoie une décharge. Nat sursaute violemment et me regarde.
- Ethan ! C'est pas le moment !
"Si, demande à ton frère ce qu'ils ont attrapé, c'est une question de vie ou de mort."
Le blondinet soupire et transmet ma question.
James fronce les sourcils.
- Deux trois fantômes et un autre pokémon. Je crois que c'est un osselait. Je ne sais pas ce qu'il faisait là, mais il était tout seul et avait peur, alors je l'ai attrapé.
- James, ta bonté te perdra, soupire Jessie.
"Dis-lui de libérer le osselait et les fantômes. C'est lui que veut le spectre."
- James, donne moi le osselait, c'est à cause de lui que le ossatueur veut vous tuer.
"Pas seulement" réplique le Vengeur dans un puissant gargouillement. "Ils nous dépeuplent, ces monstres, ils nous enlèvent nos camarades pour de sombres expériences. Tu sais de quoi je parles, Âme Arrachée. Ils les enlèvent, les forcent à coopérer sous la torture, et ils les tuent lorsqu'ils sont trop faibles pour continuer. Mais il existe un moyen pour que tout s'arrête. Il faut les tuer, jusqu'au dernier, ces monstres. Il faut éteindre les lumières."
"On va te rendre ton petit déjà, puis nous ferons de sorte que ces monstres ne reviennent pas." je lui répond quelque peu effrayé par la vague de haine qu'envoie le spectre vengeur. "On n'est pas obligé de les tuer."
"Ils m'ont tué avec plus de sauvagerie et de barbarie que des pokémon sauvages. Et pour le plaisir."
"Je sais. Et ils font pareil aux humains."
"Je dois éteindre les lumières."
"Nat ! Dépêche-toi !"
- James, s'il te plaît ! Donne-moi le osselait !
Le frère de Nat nous regarde un instant, son frère, moi, puis le Vengeur, et, enfin, sort une ball de sa poche.
-Je ne lui aurais pas fait de mal, tu sais, dit-il au spectre. Jamais je n'ai fait de mal à un pokémon.
Il lance la ball à Nat qui libère le pokémon. Le petit osselait, plus menu que la moyenne, semble effrayé par la vision du Vengeur, mais s'en approche tout de même. L'expression du spectre change alors. Toute son attention est focalisée sur le petit pokémon brun qui se dandine vers lui. Même son odeur change - sa haine semble disparaître au profit de l'amour qui enfle en lui.
Nat en profite pour inciter les personnes agglutinées contre les tombes à venir vers lui. James et Jessie aident le vieil homme à se lever, mais les deux autres rockets semblent moins coopérant. Leur visage est comme un coup de fouet : ce sont eux qui ont sauvagement assassiné l'ossatueur.
"Nat, éloigne les rockets d'ici le plus vite possible."
Je n'ose pas parler du Vengeur à Nat, de peur que le spectre ne capte ma conversation - il est pour le moment totalement absorbé par la contemplation du bébé pokémon qui pousse des cris aigus en sautillant sur ses petites pattes.
Nat ne comprend pas ce qu'il se passe, mais il fait de son mieux pour obéir, et ce malgré la mauvaise volonté des rockets ennemis.
- Dis donc, James, pourquoi t'as relâché le butin ? On aurait pu le vendre à bon prix. Comme sa mère, au final, mais elle nous a manqué de respect.
Le con. C'est trop tard : l'odeur de haine revient à la charge. Le Vengeur refait surface, éloigne le petit de son chemin, et se prépare à charger.
- Ho, toi, c'est bon, j'vais te régler ton compte une bonne fois pour toute ! s'exclame le rocket que je reconnais comme étant celui qui a électrocuté  le malheureux pokémon.
Il se rue dans un coin de la pièce, ramasse une pokéball qui traînait là - ce qui voulait dire qu'il n'y avait pas accès durant tout le moment où il était devant le spectre collé à sa tombe - et la lance. Un smogogo en sort en crachant de la fumée.
C'est là que le rocket montre encore une fois de sa stupidité.
- Smogogo, destruction.
Le choc me plaque au sol. L'attaque a été si puissante qu'elle en a crevé le toit. Mais c'était voulu : une montgolfière attendait gentiment là, amarrée à la tour. Cependant, l'explosion a tranché la corde qui le retenait au bâtiment, si bien que le rocket responsable de l'attaque court vers l'échelle menant au ballon qui se met peu à peu à dériver.
Mais le Vengeur n'a pas été affecté par l'attaque comme il l'avait espéré. Dans sa terrible charge, il transperce son assassin de sa massue osseuse avant de se débarrasser du corps d'un ample mouvement du bras qui provoque le décrochage de l'épaule. Mais son attaque ne s'arrête pas là : il fait face à James qui vient de se relever et se prépare à le tuer d'un coup de griffe... mais le petit crie.
Le vengeur se retourne. C'est Nat qui tient le petit. En le maintenant contre lui, il a évité que le osselait ne soit blessé. Le vengeur s'arrête et contemple le pokémon protégé dans les bras de l'humain.
- Il faut partir ! Hurle Fuji. La tour est en train de s'écrouler !
Nous essayons de nous approcher de l'escalier permettant de descendre, mais des choses très lumineuses surgissent devant nous. Des choses qui chuchotent.
"Ce sont eux ! Ce sont les fantômes, les âmes, qui partent !" je crie.
Mais Nat, tenant toujours osselait dans son bras, m'empoigne fermement et me pose dans la capuche de son sweat.
Tout autour de nous, les tombes se brisent et les murs se fissurent. La tour s'écroule en partant du haut. Pourquoi ? Est-ce à cause du toit ? Est-ce lui qui maintenait toute la structure debout ? Ce n'est pas le moment de penser à cela. Tâchant d'ignorer les murmures de joie des fantômes autour de moi, je m'accroche de toutes mes forces au tissus du sweat. Derrière nous, James et Jessie nous suivent vaille que vaille malgré les marches qui s'effritent sous nos pas. L'autre rocket a disparu. Peut être a t-il été écrasé par un des blocs qui tombent du plafond. Devant nous, Fuji ouvrit la voie. Tout d'un coup, James se rue vers le vieil homme, l'attrape par le col et le tire vers lui avec brutalité. Un instant plus tard, d'énormes blocs s'effondre devant nous. Fuji remercie son sauveur puis regarde l'éboulis avec consternation.
- Nous sommes bloqués. L'escalier est juste derrière ce mur ! C'est trop bête !
Les fantômes continuent de s'échapper des tombes pour s'enfuir vers le ciel. Ce ne sont que des boules lumineuses qui jaillissent des blocs de granit. Tous semblent heureux de partir, comme si, depuis des siècles que la tour existe, ils avaient été retenus prisonniers. Peut être était-ce le cas.
James empoigne Jessie pour tenter de la protéger du plancher qui s'écroule sous leurs pieds.
- Peut être que si on saute, on pourra arriver sans trop de mal à l'étage du dessous, fait-il.
- Le plancher du dessus ne tiendra jamais. Toute la tour s'écroule parce que votre abruti de copain a détruit le sceau qui la maintenait debout ! réplique Fuji avec colère. Vous, les rockets, vous jouez avec des forces dont vous ignorez la puissance, et cela vous jouera des tours ! Ça a déjà commencé pour vous, et ça continuera avec votre chef. Vous croyez que je ne suis au courant de rien, hein ? Mais les fantômes me parlent, à moi, ils me disent ce que vous faites dans vos labos !
- C'est pas ce genre de discours qui va nous aider dans le cas présent ! répond James.
Jessie pousse un cri et tend le bras vers quelque chose derrière nous.
Le Vengeur. Un bras levé, il nous fait face. Il veut finir le travail qu'il a commencé. Il veut nous tuer. Et nos âmes grimperont au ciel.
Mais non : c'est la façade qu'il frappe de sa massue : le pan de mur s'écroule vers l'extérieur ; pour éviter qu'il ne tombe sur lui-même, le Vengeur positionne son gourdin de manière à retenir l'éboulement.
"Dépêchez vous. Vous avez des pokémon volants. Utilisez-les."
Je transmet son discours à Nat qui le dit à James.
- Merci, grand Vengeur, de ta clémence, dit Fuji en s'inclinant, mais Vengeur l'ignore et se tourne vers moi : .
"J'espère que tu retrouveras ton corps" me dit simplement l'ossatueur avant de faire volte face.
James envoie son propre smogogo tandis que Nat fait sortir Marco qui attrape précipitamment son dresseur avant qu'il ne tombe par le trou créé par le Vengeur. James saute sur son pokémon en emportant Jessie et le vieil homme.
Toujours dans la capuche de Nat, je me retourne pour tenter d'apercevoir le Vengeur. Nos regards se croisent.
Alors que je m'apprête à le remercier, un éboulement l'écrase.


Dernière édition par white shewolf le Ven 2 Jan 2015 - 15:07, édité 1 fois
Neowstix

avatar

Elite 4
Elite 4


Masculin Nature : Relax
Exp : 1999
Date de rencontre : 25/05/2013
Niveau : 19
Psy Ténèbres
Habitat : Trying to pursue my true self.

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Ven 2 Jan 2015 - 13:34

Avec cet épisode Nat et Ethan ont appris le poké respect. Sinon j'ai trouvé ta première faute de l'année :o un "sont attention" qui traine quelque part, canaillette :p

_________________

.
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Ven 2 Jan 2015 - 15:08

C'est bien, y'en a un qui suit Very Happy
Faute corrigée, merci !
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Sam 3 Jan 2015 - 14:21

nouveau chapitre ! Je vous gâte - c'est juste que j'ai des chapitres en retard à publier Smile

Retrouvons donc nos chers amis Nat et Ethan dans leurs aventures ! Dans ce chapitre, place aux légendes ! J'espère que vous apprécierez !


Chapitre 38




Marco atterrit doucement au sol et se penche pour nous permettre de descendre de son dos. Nat saute à terre - il grimace, sans doute a t-il oublié sa blessure - et se retourne vers James. Mais son frère ne compte pas se poser au sol et ordonne à son pokémon se s'élever toujours plus haut.
- James ! Redescends, il faut qu'on parle ! ne peut s'empêcher de crier le petit blond, une expression d'abandon sur le visage.
- Pourquoi faire ? lui répond son aîné. Nous sommes ennemis, toi et moi.
- C'est faux ! Des frères ne peuvent pas être des ennemis, tu te trompes !
- Nat, espèce d'idiot ! Sais-tu seulement pourquoi je me trouvais dans la tour quand tu y es toi-même allé ? Hein ? Le sais-tu ? Mon but était de te tuer, petit con ! Alors reste loin de moi, sinon quoi je serais obligé de t'ôter la vie ! Mon chef ne veut pas de toi dans son monde, tu n'es qu'une menace pour lui ! Alors oublie-nous, oublie-moi, et ne te mets plus dans le chemin de la rocket ! Change de région, même, cela vaut peut être mieux pour nous deux.
- Jamais tu ne seras capable de me tuer, James ! Jamais, pas après tout ce qu'on a vécu !
- Pour obtenir une promotion, je pourrais faire n'importe quoi. Et t'éliminer sera l'action qui me permettrait de m'élever haut dans les sphères de la rocket.
- Alors, pourquoi ne le fais-tu pas tout de suite ? Hein ? Pourquoi n'essaie-tu pas d'en finir sur le champ avec moi ?
Moi, je le sais. Ce sont les policiers qui se ramènent par groupes entiers. Ils sont venus constater les dégâts subits par la ville des suites de l'effondrement de la tour. Si James restait là, ils l’arrêteraient aussitôt. Voilà pourquoi il s'enfuit, perché sur sa boule puante et lévitante, au lieu de nous tuer là, maintenant. La rocket fait toujours les choses de manière vicieuse. Assassiner un enfant devant des témoins et, pire, d'agents des forces de l'ordre n'est vraiment pas dans leurs habitudes et risquerait de leur faire du tort. Car il y en a, des gens, tout autour de nous : des civils, par dizaines, qui observent béatement la tour qui n'en finit pas de s'écrouler, mais également des infirmiers et des médecins qui s'occupent des quelques blessés, des pompiers qui tâchent d'éteindre les incendies provoqués par la destruction de certaines maisons construites tout près de la tour des morts, et des policiers qui tentent d'éloigner les badauds.
James est parti, mais Nat continuer d'observer le ciel, les yeux humides. Je pense comme lui : plus je vois James, plus je le crois incapable de tuer son petit frère. Pire, je n'ai même pas l'impression qu'il soit vraiment du côté de la rocket : son discours sentait le texte appris par cœur et récité bêtement. Aucune passion n'en perçait, aucun engagement. Mais, alors, pourquoi est-il là-bas ? Pourquoi ne s'enfuit-il pas pour nous aider à combattre la mafia ? Serait-il un agent infiltré, un agent double ? Je ne sais pas, je ne comprends pas, et ça commence sérieusement à m'énerver. Je ne sais toujours pas si on peut lui faire confiance. Une chose est sûre : si lui ne raconte pas ce qu'il s'est passé à la tour, son amie Jessie le fera, elle, car je la sens beaucoup plus proche de la mentalité rocket que lui. Quelle situation merdique.
Soudain, le soleil perce les nuages de nouveau tout légers de s'être débarrassé de tant de pluie. Les rayons caressent doucement les ruines de l'ancienne tour qui n'est plus qu'un bout de mur et une montagne de gravats. Quelques os ressortent du tas hétéroclite, ainsi que des morceaux de tombe.
Nat baisse la tête et observe l'éboulis. Son esprit semble être à des milliers de kilomètres de là. C'est le osselait qui le fait revenir à la réalité : le petit se met à gigoter si bien que le garçon finit par le poser au sol. Le petit pokémon se met alors à pousser des cris aigus : il appelle sa mère.
- Pauvre enfant, fait alors Fuji ; il ne se rend pas compte que sa mère est morte, et ce depuis longtemps et que le Vengeur a pris sa place.
- Mais elle est revenue, n'est-ce pas ? Quand le Vengeur a vu osselait, il s'est arrêté et sa colère s'est résorbée. N'est-ce pas un signe qu'elle était toujours là, quelque part dans ce corps en lambeaux ? répond Nat en caressant le crâne osseux du pokémon qui se met à pleurer.
- Il reste toujours une petite part du défunt, même quand le corps est pris d'assaut par un fantôme. Cet éboulement ne présage rien de bon pour notre futur, soupire t-il.
- Que voulez-vous dire ? Ce n'était juste qu'un bâtiment, non ?
Le vieil homme ôte la poussière de sa veste d'un geste de la main, puis il souffle longuement.
- Tu n'as pas idée... Allons chez moi, je vais t'expliquer.
Quelques temps plus tard, nous nous trouvons à la table du vieux Fuji, qui s'avère être un des descendants d'un peuple oublié.
- C'était un peuple possédant la Connaissance, raconte t-il. Toi aussi tu me semble avoir du sang de ce peuple du Nord dans les veines. En fait, beaucoup de personnes ici ont des ancêtres Nordiques. C'était une communauté qui vivait dans la région située au nord de la nôtre, Sinnoh. Ils vivaient en paix avec les pokémon, mais également avec les Anciens Dieux. Les hommes vénéraient les Anciens Dieux, et ceux-ci, en échange, les protégeaient des Démons et des créatures dangereuses. Mais une nuit, c'est un pokémon sombre et très vicieux qui fit son apparition. Il voulu lui aussi être vénéré, mais les hommes en eurent peur et le rejetèrent car c'était une créature qui n'apparaissait que la nuit, ce qui était synonyme de dangereux et de mal, alors le pokémon se transforma en Démon sous les yeux des humains qui en furent encore plus effrayés. S'ensuivit une bataille sans merci entre le Démoniaque et les humains. Le Démoniaque avait le pouvoir de transformer toute chose vivante en fantôme, si bien qu'il eut bientôt une armée presque invincible à sa disposition.
Nous écoutons le vieil homme, moi assis sur la table, Nat sur sa chaise, la tête posée sur ses bras. Sans m'en rendre compte, j'ai retenu ma respiration lorsqu'il a parlé du Démoniaque : il s'agissait certainement du Vengeur.
Fuji se tait et ferme les yeux. Il semble fatigué. Toutefois, il les rouvre et continue :
- Je t'avais dit que les humains vénéraient les Dieux Anciens et que ceux-ci les protégeaient en échange. Alors c'est ce qu'il s'est passé. Un jeune moine appelé Fujisanma se précipita dans un temple où l'on vénérait un oiseau légendaire et lui a supplié de l'aider lui et les siens. Le Dieu Oiseau a alors fait son apparition : il a surgit du ciel, juste devant le jeune moine, et lui a remis une flûte étrange construite dans du bois doré. Le Dieu a alors dit à l'homme que la flûte pouvait permettre aux âmes errantes d'enfin trouver le chemin vers l'autre monde, mais ne pourrait en aucun cas affecter le Démoniaque. Le moine a demandé comment il pouvait mettre fin à cette calamité qu'était le Démoniaque. Lorsque la réponse lui a été donnée, le moine a compris et s'est mis en route dans sa croisade. Fujisanma a alors demandé à son chef l'autorisation de construire une immense tour pour mettre fin aux meurtres du Démoniaque. Le bâtiment fut construit en trois jours. Fujisanma fit graver sur le sol du rez-de-chaussée et dans le plafond du tout dernier étage une rune ancienne transmise par le Dieu Oiseau. La tour terminée, il a empoigné sa flûte et s'est mis à jouer dès qu'un fantôme faisait son apparition. Ce dernier, en entendant le son, voyait toute noirceur quitter son cœur et il retrouvait la paix, permettant son passage dans l'autre monde. Cela n'a pas échappé au Démoniaque qui ne tarda pas à faire son apparition. En le voyant, Fujisanma se mit à jouer, mais le son n'eut aucun effet sur le Démon qui se mit à rire. Le moine prit alors la fuite et se rua dans la tour, le Démoniaque, en quête d'une nouvelle âme à transformer en soldat, à ses trousses. Dans la tour, Fujisanma s'arrêta et se retourna pour faire face au Démon qui riait de voir l'humain coincé dans le bâtiment qu'il avait lui-même construit. Alors Fujisanma lui avoua que le Démon était prisonnier à jamais de la Tour. Après quoi il écarta les bras et fixa le fantôme, comme s'il s'offrait à lui. Le Démon n'a pas hésité et l'a traversé. S'est alors enclenché la rune qui s'est mise à briller. Le Démoniaque a hurlé et son sort s'est retourné contre lui-même : il devint fantôme. Ayant utilisé toute son énergie dans le sort, Fujisanma s'est écroulé, mort. Son sacrifice était nécessaire au bon déroulement du sort permettant d'enfermer le Démoniaque dans la tour.
Son corps détruit par le sort du moine, le Démoniaque n'a pas eu d'autre choix que d'en retrouver un autre. Il prit le seul qui se trouvait à sa portée : celui du moine. Puis il a erré, pendant de très longs siècles, dans sa prison. Les hommes n'avaient pas le droit de s'approcher de la tour de laquelle des cris se faisaient quelque fois entendre. Mais le peuple du Nord a fini par disparaître. Plus tard, c'est un nouveau peuple qui s'est installé là, près de cette tour étrange, un peuple en fuite qui n'eut d'autre choix que de se terrer dans le lieu le plus froid et le plus triste de Kanto afin d'échapper à la tyrannie d'un roi sans scrupule. Ce peuple s'installa donc au pied de la tour qui s'était tue depuis bien longtemps. Des hommes la visitèrent en plein jour et, en voyant des tombes, tout au sommet, ils décidèrent d'en faire un cimetière. Il n'y eut aucun accident pendant longtemps, jusqu'à ce que quelqu'un décide de se recueillir une nuit. On ne le revit jamais, tandis que des cris se firent de nouveau entendre dès que le Soleil se couchait. Alors les hommes prirent l'habitude de ne jamais pénétrer la tour de nuit et on ne déplora plus d'autres accidents.
Il y a un long moment de silence. Nous sommes tous plongés dans nos pensées. L'histoire m'étonne, parce qu'elle ne colle pas avec mon expérience avec le Vengeur - car le Vengeur, en réalité, était le Démoniaque des temps anciens. Et s'il n'y avait pas eu d'autres accidents, comment se faisait-il qu'il y avait tant de fantômes dans la tour ?
- Tu as tout à fait raison, Ethan : le Démoniaque est devenu le Vengeur avec le temps. Quant aux fantômes, ils ont été transformé par le Vengeur au fil des ans, répond Fuji.
- Mais alors, pourquoi dites-vous qu'il n'y a pas eu d'autres accidents ? demande Nat.
- Mais parce qu'après, les dresseurs de pokémon ont commencé à faire leur apparition ! Des centaines de personnes ravis de découvrir de nouveaux pokémon et de lieux à explorer ! Beaucoup d'entre eux ont commis l'imprudence de pénétrer dans la tour durant la nuit. Alors le Vengeur les a transformé en fantômes. Avec l'explosion démographique et le voyage d'initiation pokémon, il n'y avait plus grand monde pour s'émouvoir de la perte d'une personne.
- C'est bien mignon tout ça, mais pourquoi est-ce qu'on n'a pas été transformé en fantôme, nous aussi ? je demande alors sachant que quelque chose m'échappe.
Fuji sourit et déboutonne sa chemise. Sur son torse maigre, une rune est gravé à même sa chair.
- Mais parce que le Vengeur ne veut pas ressentir ce qu'il a ressenti lorsque Fujisanma s'est sacrifié pour le détruire. Tous les gens qui travaillent dans la tour portent ce signe sur lui.
- Mais... les exorcistes étaient pourtant possédées !
- Ce n'étaient pas des exorcistes. Il n'y en a plus depuis des années. Il s'agissait en réalité de rockets déguisés et chargés de tuer tous les opposants. Malheureusement, leur ignorance des récits anciens les a conduit à leur perte. Ils sont arrivés un beau jour, déguisés de la sorte, et sont entrés dans la tour. Des fantômes se sont emparés de leur corps. Alors tout ce qu'ils ont trouvé à faire pour capturer les fantômes - car c'est ce qu'ils faisaient, ces malfrats, ils capturaient les fantômes pour je ne sais quelle raison - c'est m'enlever car ils m'ont vu un jour sortir de la tour en pleine nuit. Les fantômes ne m'approchaient pas, ils me fuyaient même, et cela, les rockets l'ont vu à travers leurs lunettes bizarres - celles-là même que tu as là. Moi, je ne le savais pas, parce qu'on ne peut pas voir les fantômes tant qu'ils ne se sont pas emparés d'un corps. Mon père a gravé la rune sur mon torse alors que j'étais encore enfant. C'est lui qui s'occupait de la tour, et, ce jour-là, il m'a dit que c'était mon tour de prendre soin des morts. C'est ce jour-là qu'il m'a aussi offert la flûte.
Il sort de sa poche un bâton doré percé de trous. Une flûte. La flûte ?
- Oui, Ethan, il s'agit de la flûte offerte par le légendaire pour faire disparaître les fantômes sans importance. C'était mon rôle d'ailleurs : jouer de la flûte pour tenter de faire disparaître les fantômes. Mais beaucoup ont appris à se cacher de moi.
- Vous dites que le Vengeur n'apparaissait que la nuit. Pourquoi ? demande Nat.
- Parce qu'il craignait la lumière du Soleil, tiens ! Durant la journée, il se cachait dans l'Entremonde, comme on l'appelle, un monde entre le nôtre et le monde des morts. Il s'y terrait durant la journée et revenait la nuit en quête de nourriture. Sa dernière victime, le dernier corps qu'il a trouvé, a été ossatueur - car il pouvait transformer aussi bien les humains que les pokémon. C'est pour cela qu'il avait son apparence lorsqu'on l'a vu cette nuit.
- Est-il mort ? Des pierres lui sont tombées dessus, mais après avoir entendu cette histoire, j'ai des doutes concernant sa mort. je questionne alors, victime d'un doute énorme. Et puis pourquoi est-ce que j'entendais des voix provenant de la tour ? Était-ce les morts ?
- Certaines personnes sont plus sensibles que d'autres à ces choses. Il est possible que le fantôme qui a fait transférer ton âme dans corps y soit pour quelque chose également. À présent, écoutez-moi tous les deux : sachez que la destruction de la Tour n'est pas du tout une bonne nouvelle. Ethan a raison : le Vengeur n'est peut être pas mort. J'ignore si son sort était lié à celui de la tour, auquel cas il est bel et bien mort, mais si ce n'est pas le cas, il est de nouveau dans la nature, prêt à faire de nouveaux morts. Peut être même a t-il acquis de nouveaux pouvoirs au fil des années, des pouvoirs qui lui permettraient d'être encore plus dangereux qu'avant. Mais ce n'est pas tout. La rocket joue avec des forces dont elle n'a pas idée. J'ignore ce que son chef a vraiment derrière la tête, mais cela n'annonce rien de bon. Il faut à tout prix les arrêter, quoi qu'ils fassent. Et il faut que ce soit toi, Nat. J'ai compris que tu avais une relation de parenté avec cet homme, James, c'est cela ? Il faut que tu l'oublies. Il faut que tu accomplisses ton devoir, quoi qu'il t'en coûte. Revenir vers toi revient à se tirer une balle dans le pied.
- Que voulez-vous dire ? l'interrompt Nat d'un ton abrupt.
- Quelque chose me dit qu'il n'est pas sous la coupe de Giovanni par choix, mais par contrainte. Peut être est-il la victime de chantage. Mais toujours est-il qu'il faut que tu élimines la rocket avant qu'elle ne commette des fautes irréparables.
Nat acquiesce doucement, mais je sens son esprit occupé par son frère.
Fuji se tourne alors vers moi, une lueur d'excuse dans le regard.
- Ethan, je suis désolé, mais je crois que tu vas rester sous cette forme jusqu'à ta mort.
Pardon ?
- C'est un fantôme qui a transférer ton âme dans ce corps. Les pokéball permettent d'arracher un fantôme à la tour, vois-tu ? Cependant, arracher des âmes comme on leur demande de le faire requiert énormément d'énergie. Les fantômes doivent normalement s'emparer d'un corps et avaler des âmes pour survivre, or, on leur demandait de travailler dur sans même se nourrir. La plupart des fantômes utilisés par les rockets sont morts d'épuisement après quelques jours seulement. Ce qui ne veut dire qu'une chose.
Ok. J'ai compris.
Il n'y a plus de fantôme pour faire réintégrer mon âme dans mon corps.
Fuji nous demande alors de partir. Il se sent fatigué. Avant notre départ, il offre cependant la flûte à Nat.
- Un souvenir, et un remerciement pour ton aide, petit. De toute manière, il n'y a certainement plus de fantôme à faire disparaître : la disparition de leur tour, de leur prison, leur a permis de réintégrer le vrai monde auquel ils appartiennent : le monde des morts. Je crois que le Vengeur n'a plus jamais eu l'idée de se créer une armée, mais je crois juste qu'il transformait des êtres vivants pour ne plus être seul. Ce que nous avons vu lorsque la tour s'est écroulée, tous ces fantômes qui fonçaient vers les cieux, ne signifiait qu'une chose : qu'ils ont enfin trouvé la paix, après toutes ces années.
Nous sommes partis de la maison du vieux Fuji et sommes retournés au centre pokémon. Nous sommes épuisés, Nat et moi, et la tête emplie de légendes et hantée de fantômes. Nous n'aspirons qu'à une chose : dormir. Ce que nous faisons, une fois la chambre louée, et ce sans même manger. Nat pense à son frère, et moi je ne peux m'empêcher de penser à mon sort, mais également à celui du Démoniaque. Plus j'y pense, et plus je me dis que s'il est devenu ainsi c'est parce que les humains l'ont rejeté comme un malpropre, tout ça parce qu'il n'apparaissait que la nuit. Il voyait les fantômes non pas comme des ombres, mais comme des lumières. Privé de la lueur bienfaisante du soleil, il s'en était créé un autre pour ne plus être dans l'obscurité. Je le plains.
Quant à mon sort, eh bien... je m'y attendais. Giovanni ne me laisserait pas réintégrer mon corps, car si James était victime de chantage, c'était aussi le cas de Nat : si jamais il s'avisait de porter encore du tort à la rocket, c'est moi qui disparaîtrait.


*


Lorsque nous nous réveillons le lendemain, et que nous nous rendons dans le réfectoire, une infirmière vient nous voir, la mine sombre :
- Mr Fuji est décédé cette nuit.
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Dim 4 Jan 2015 - 21:01

Allez, pour ceux qui reprennent l'école (au sens large) demain (ce qui n'est pas mon cas, j'ai un peu de rab'), nouveau chapitre !!


Chapitre 39




Le vieux Fuji est mort cette nuit. Il était malade, nous a appris l'infirmière, une maladie du cœur qu'il traînait depuis de longues années. Son effort de la veille a sans doute été la cause de sa mort. Mais il n'a pas souffert. Mais ça, c'est toujours ce qu'on nous dit pour nous rassurer.
Nat et moi sommes invités à l'enterrement, qui aura lieu au pied de la tour effondrée. J'essaie de me dérober, mais Nat me menace de m'enfermer dans ma ball si je m'avise de m'enfuir, alors je reste.
Il fait presque nuit lorsque nous suivons le cercueil contenant le vieil homme. Mais j'ai beau tendre l'oreille, pas un bruit ne provient des ruines. Les fantômes ont dû tous partir, comme Fuji le disait. Tout le village est rassemblé autour d'un trou grossier creusé dans le sol rocheux. Le chef du village prend la parole et ne tarit pas d'éloge sur le défunt. Des personnes qui font partie du refuge créé par Fuji disent quelques mots aussi, et puis quelques villageois qui l'ont bien connu. Fuji était un solitaire, il préférait la compagnie des fantômes à celle des hommes, mais il ne laissait jamais un pokémon ou un être humain dans le besoin. C'était finalement quelqu'un de très paradoxal.
Quand le chef du village se tourne vers nous pour qu'on dise également quelque chose, Nat rougit violemment. Il ne s'y attendait pas, le pauvre. Il bégaie, cherche ses mots, puis finit par le remercier de nous avoir sauvé la nuit dernière. Même si, dans les faits, ça a plutôt été l'inverse, les gens acquiescent. Ils ne savent pas ce qu'il s'est passé là dedans, alors ils nous croient.
La boîte en bois est délicatement déposée au fond du trou obscur, et chacun jette dessus une poignée de terre et l'enterrement se termine. On nous fiche enfin la paix, à Nat et à moi, alors nous allons nous balader du côté des ruines. Nous y trouvons osselait, en larmes, en train de serrer contre lui un morceau du crâne de sa mère. Nat s'approche de lui, mais je l'arrête et y vais à sa place. En me voyant, le petit pokémon cesse de pleurer.
- Sois fort, petit. Elle ne reviendra pas, plus maintenant, mais elle est revenue quand on était dans la tour. Ce que lui ont fait les rockets est inadmissible, mais tous les humains ne sont pas comme ça. Tu devrais te rendre au refuge, de gentilles personnes s'occuperont de toi.
J'essaie de m'exprimer avec des termes simples, mais le osselait est trop jeune pour tout comprendre. Il laisse alors tomber le morceau de crâne sur le sol. Il se brise et des éclats s'éparpillent un peu partout. Osselait en prend alors un morceau au hasard et me le tend.
- Cadeau, de maman. dit-il.
Je le remercie ; il me regarde un instant puis se dirige au refuge.
Je regarde alors le morceau qu'il m'a donné, un peu étonné. Pourquoi sa mère a t-elle voulu que son fils me donne un morceau de son crâne ?
En voyant la rune gravée dedans, je comprends.
- Vengeur.


*


Nous reprenons notre route. Sur ma poitrine, accroché à mon cou par un morceau de ficelle, le fragment d'os contenant Vengeur rebondit au rythme de mes pas. Malgré mes réticences, j'ai préféré le garder sur moi - surtout que je n'ai pas de poche. Nat ignore pourquoi j'ai gardé ce morceau d'os. Il pense juste que c'est un souvenir de ce terrible épisode. Je me suis bien gardé de lui dire que nous emmenons avec nous un pokémon démoniaque susceptible de nous tuer ou de prendre possession de nos corps pendant notre sommeil. Cependant, je pense qu'il est beaucoup plus risqué de le laisser quelque part où quelqu'un pourrait tomber dessus par inadvertance.
Cependant, plus j'y pense, et moins je crois à cette histoire d'humain. Elle a été racontée par un humain à partir de faits humains, donc de croyances humaines. Comment se seraient déroulées les choses si Vengeur avait été accepté en tant que pokémon et non en tant que calamité ? Non, tout ça parce qu'il apparaissait de nuit et qu'il dévorait les âmes - faut bien se nourrir de quelque chose, non ? - les humains l'ont pris pour un être perfide et l'ont sauvagement rejeté. Lui qui, ça se trouve, ne voulait que de la compagnie se retrouvait de nouveau seul. Et c'est peut être pour cette raison, pour combler sa solitude, qu'il a créé autant de fantômes. Sauf qu'il n'avait peut être pas assez de contrôle sur eux pour les retenir de faire des bêtises, c'est à dire de transformer d'autres humains... Si seulement un humain avait pu discuter avec lui, au lieu de l'enfermer à jamais seul dans cette tour immonde... Au final, c'est peut être cette action qui l'a transformé en monstre, pas son état originel.
Voilà pourquoi je l'emmène avec moi : ainsi, il ne sera pas seul, quelle que soit sa forme. Où qu'il soit d'ailleurs, car, d'après feu Fuji, il se retire chaque jour, comme tous les fantômes, dans un monde à la limite du nôtre - quelle drôle d'histoire.
Bon, à côté de cela, ce serait mentir que de dire que je n'ai pas peur de ce qu'il va arriver ce soir : Vengeur va t-il sortir et me dévorer, affamé comme il l'est ? Ou bien va t-il tuer Nat car il est un humain ? Va t-il juste apparaître devant nous, comme ça, et ne rien faire ? Ou bien aurais-je tout inventé : peut être que ce bout d'os marqué n'est qu'un simple morceau de crâne avec un gribouillis dessus. Mais la rune m'intrigue malgré tout.
Nous retournons à Céladopole. La ville n'a pas changé : elle est toujours aussi bruyante, aussi lumineuse, aussi puante et aussi grouillante de gens, d'autant plus que la nuit commence à tomber. Nous la traversons vite fait pour emprunter la sortie à l'ouest...
Mais aucun moyen de sortir : la route est bloquée par une énorme chose ronde. On dirait un beignet géant posé là, en plein sur le chemin. Un beignet géant qui se soulève et s'abaisse au gré d'une respiration lente. Et qui ronfle.
- Un pokémon, en conclut Nat. Il faudrait le réveiller.
Comme nous n'avons pas grand chose en poche, mon cousin trouve la seule chose capable de faire du bruit suffisamment aigu pour réveiller la créature : la flûte.
Ouais, t'as raison, Nat. Comme ça, s'il s'avère finalement être un fantôme, il disparaîtra carrément vers les cieux.
Le blondinet souffle dans l'instrument en bouchant quelques trous. Un son aigu s'en échappe, un son étrange, mélodieux et plein de nuances. S'il avait une couleur au lieu d'une note, il serait représenté non pas par une seule teinte, mais une multitude. Mais peut être me fais-je des idées. Ou bien je perçois toutes ces nuances parce que je suis un pokémon.
Exact.
Je sursaute violemment et regarde autour de moi : rien. Je me suis fais des idées. Ou bien j'entends des voix. Bizarre. Non, non, non, c'est juste moi qui me parle à moi-même. Cette histoire de fantômes m'a vraiment mis la tête à l'envers !
Nat continue de souffler dans l'instrument en bois. Bientôt, la respiration du monstre se fait plus rapide, et soudain elle se transforme en grondement. Et la bête se met à bouger.
Il est énorme, non : gigantesque, aussi grand qu'une petite colline. Lorsque Nat envoie Hercule, pourtant le plus massif de l'équipe, ce dernier paraît être un nain à côté de la gargantuesque créature.
- Surveille tes mots, Ethan, parce que le seul nain qu'il y a ici, c'est toi, râle le nidoking en me menaçant de sa corne suintante de poison. Je n'en ferai qu'une bouchée, de ce gros plein de soupe.
Il a tort : il lui faut bien deux coups pour en venir à bout. Vaincue, la créature s'écroule en provoquant un petit tremblement de terre qui a sans doute provoqué un tsunami outre-mer.
- Voilà qui est fait, déclare Nat, plus sombre depuis les événements de la tour.
Il enjambe le monstre sans même lui jeter un regard, et je ne peux que constater l'évidence : Nat n'est plus l'enfant qu'il était lorsqu'il a quitté Bourg Palette. Il est devenu un adolescent tourmenté et triste, incapable de savoir quel chemin prendre pour sauver tout le monde. Car je sais qu'il veut nous sauver, James, sa mère, et moi-même. Il a tant à faire avec nous qu'il n'y a plus de place dans son cœur pour quelqu'un d'autre. Ni pour autre chose, d'ailleurs, car, finalement, ce qui l'a le plus affecté durant notre ascension de la tour, c'est de savoir que son frère est certainement soumis à du chantage afin de le maintenir de force dans la rocket. Savoir sa mère malade ne doit pas arranger les choses. Et il s'en fait toujours pour moi. Pour rien, d'ailleurs, car au final, je ne suis plus du tout un humain, alors je ne suis plus non plus son cousin, juste un pikachu têtu et nul qui le suis comme un petit caninos à son maîmaître. Amer, je regarde le ronflex écroulé, saute au-dessus du corps et rejoins Nat qui a déjà enfourché son vélo pour dévaler la piste cyclable.
Il n'y a pas que lui qui a évolué : Marco semble avoir oublié qu'il était autrefois humain : il tue sans hésitation les pokémon combats qui se dressent devant lui. Il n'est plus qu'un monstre assoiffé de batailles et de sang. Il n'y a presque plus rien qui le distingue de nos compagnons nés pokémon, à part peut être ces inscriptions gravées dans sa peau. Même si je sais qu'au final, elles ont été gravées après le changement d'âme, c'était lorsqu'il était humain qu'il avait ces tatouages. Mais lorsque je lui fait part de mes remarques à ce propos pendant notre pause dîner, assis sur l'herbe à l'entrée d'une nouvelle grande ville, il me lance un regard dédaigneux :
- Oublie, nabot, oublie que tu étais humain avant. Tu te souviens de ce qu'a dit le pokémaniaque : seuls les fantômes pouvaient nous rendre nos corps. Les fantômes ont disparu, donc on n'a plus aucun moyen de redevenir ce qu'on était avant. On n'a plus qu'à se résigner, je suppose.
Après quoi il se met à narguer Hercule, le provoquant afin de se chamailler comme des frères indisciplinés. Mes oreilles basses trahissent la peine qui me serre le cœur, ce que remarque aussitôt Miroku qui s'est chargé des pokémon poisons envoyés par des loubards qui traînaient sur la piste cyclable.
- Marko n'est pas plus humain que Hercule.
- Toi aussi, tu as remarqué. Et qu'en est-il de toi ? je demande, la mort dans l'âme.
- Disons que je tiens le coup. Être un pokémon n'est pas si mal, au final.
- Ta vie humaine devait vraiment être pathétique.
- Disons que je risquais tout le temps ma vie. Mon nouvel état ne me change pas d'avant. Je crois même qu'il est plus agréable car, à présent, j'ai les capacités de me défendre, ce qui n'était pas le cas de mon vivant. Ou plutôt, lorsque j'étais humain.
- Pourquoi t'as t-on transformé ?
Il se tait, ses pupilles se baladent de droite à gauche : il est indécis. Il ne veut pas me répondre.
- Je crois que j'ai fait du tort à quelqu'un et que j'ai été puni pour cela.
Ce n'est qu'une demie-vérité, je le lis dans ses yeux sombres. Toutefois, je lis également qu'il ne m'en dira pas plus, aussi je préfère changer de sujet et demander des informations à propos de la nouvelle ville que nous allons visiter.
- Parmanie ? Eh bien...(il remonte ses lunettes imaginaires sur sa trompe) C'est juste une ville touristique. En saison chaude elle grouille de gens, mais en hors saison, c'est presque mort... On ne devrait pas avoir de problèmes donc. Elle possède un champion, Koga, un maître du poison... C'est plutôt chouette, parce que ça veut dire que je vais encore me battre !
Son air réjouit m'énerve quelque peu.
- Tu es si ravi de te battre ?
- Qu'est-ce que ça te fait, de vaincre un adversaire beaucoup plus grand que toi, rien qu'en le grillant avec une seule attaque ?
Il a un sourire en coin tandis qu'il me fixe en attendant ma réponse.
- Tu sais très bien ce que ça fait, je répond, très grognon.
- Tu te sens surpuissant, n'est-ce pas ? Et bien voilà ce qui me plaît. Et je pense que c'est ce pourquoi Marco en a oublié son humanité.
Nous tournons la tête vers notre compagnon d'infortune : le dracaufeu mange la nourriture pour pokémon qu'il partage avec Hercule.
- Tu arrives à manger cette nourriture, toi aussi ? je demande à Miroku.
- Non, elle me semble toujours aussi infecte. Je crois que lorsqu'on arrivera à en manger sans faire la grimace on pourra dire que nous auront perdu notre humanité.
J'acquiesce et, comme pour souligner mes propos, je m'empresse d'empoigner une chips dans le paquet posé devant nous. Elle me paraît délicieuse, tandis que la vue seule des boulettes pour pokémon me donne la nausée.
Étrangement, cela me rassure.


*


Malgré la nuit, Nat refuse de se rendre tout de suite au centre pokémon et préfère faire un tour de la ville avant d'aller dormir. Je le sens tendu et angoissé, mais je n'arrive pas à savoir pourquoi. Est-ce de la peur pour son frère, pour sa mère ? Est-ce le fait de se sentir si impuissant ? Je l'ignore, si bien que je ne parviens pas à le rassurer comme je le devrais normalement. Et, du coup, c'est moi qui me sens énervé.
Notre balade ne nous apprend pas grand-chose de nouveau : la seule chose intéressante ici, c'est le parc zoologique au nord de la ville, où nous pouvons observer, enfermés dans des enclos beaucoup trop petits pour eux, quelques pokémon rares ou menacés d'extinction. L’œil éteint d'un lokhlass tournant en rond machinalement dans son bassin circulaire me fend le cœur. Mais je ne peux rien faire alors je me contente de le regarder souffrir. C'est moche. On a beau gagner en puissance, on finit toujours par se sentir impuissant.
Notre promenade n'a donc rien de très réjouissant, si bien que nous ne tardons pas à gagner le centre pokémon. Une infirmière attend là, seule, assise sur une chaise de bureau. Elle lit un livre comportant une couverture aux couleurs vives, mais le récit ne semble pas très captivant car ses yeux se ferment tout seuls. Notre arrivée la réveille quelque peu. Elle nous soigne, puis nous rend à notre dresseur qui demande dans la foulée une chambre. Celle-ci payée, nous montons à l'étage.
Les chambres sont nombreuses, mais minuscules. On a essayé de caser là le plus possible de pièces afin de gagner le plus possible d'argent. Car, en saison touristique, il faut bien les caser, les richards qui s'en viennent là griller comme des porcs. Les plus riches peuvent se payer un hôtel, mais les autres se retrouvent entassés à trois ou quatre dans ces pièces minuscules. C'est ce que me raconte Miroku qui semble en connaître un rayon sur le sujet. Il m'avoue par la suite qu'il a déjà passé des vacances ici.
Puis il se couche sur le côté et se met à ronfler. Nat, couché dans son lit, fixe le plafond. Je crois qu'il n'arrive pas à trouver le sommeil. Moi non plus d'ailleurs : trop de choses se bousculent dans ma tête. C'est là que je repense au fragment d'os pendu à mon cou : je le regarde, mais il n'a pas changé. Et aucun fantôme n'est apparu. Je crois que je me suis fait des idées, finalement. Tant pis, cela fera un souvenir.


*


Le lendemain, le réveil est dur pour Nat qui n'a presque pas dormi de la nuit : des cernes noirs marquent ses yeux éteints. Il se lève puis prend sa douche, mais cela ne semble lui faire aucun bien.
- Viens, Ethan. Aujourd'hui, on fait la fête au champion. Ça nous changera les idées, pas vrai ?
J'acquiesce, sans toutefois y croire. Pire, je suis en train de penser que l'état de fatigue de mon dresseur risque de nous causer quelques ennuis.
J'ai eu tort de m'inquiéter. Mis à part la désagréable surprise de voir des murs invisibles se dresser entre nous et le champion et la présence de pokémon de type sol et psy des dresseurs gardant les lieux, vaincre le grand Koga n'a posé aucune difficulté. Miroku s'est chargé des vermines violettes tandis que Marco a incendié sans pitié le grand papillon de poison, cramant au passage les poudres empoisonnées que ce dernier avait tenté d'envoyer.
Cependant, vaincre mon dresseur n'était pas le but de notre adversaire.
Le feu masque notre vue et forme une barrière entre nous et Koga. Nat se met à tousser ; pour se protéger des vapeurs, il se protège grâce à sa manche, ferme les yeux.
Ce geste lui est fatal.
Je n'ai pas vu l'homme se faufiler derrière lui, pas plus que le sac dans lequel je suis soudain enfermé. Je hurle de surprise et tente de me défendre en évacuant mon électricité : mal m'en prend : mon attaque se retourne violemment contre moi.
Tout ce que j'entends avant de sombrer dans un trou noir, c'est le gémissement de Nat qui suit le bruit de choc sourd.
white shewolf

avatar

Ecrivain
Ecrivain


Féminin Nature : Calme
Exp : 1775
Date de rencontre : 19/04/2013
Eau Acier

Message() Sujet: Re: [FINI] Pokémon Yellow Reborn Jeu 8 Jan 2015 - 17:47

Roulements de tambours ! Nouveau chapitre, plein de rebondissements ! Nous sommes proches de la fin : quelles nouvelles terribles épreuves attendent nos deux héros ? Vous le saurez en lisant le prochain chapitre !

Chapitre 40



Mes agresseurs me libèrent d'une façon quelque peu brutale : en un mot, ils retournent le sac et me laissent tomber comme une merde. Ce que je fais, de fait, abruti par mon agression.
- C'est bon, patron, les voici, déclare une voix grave.
- Très bien, laissez-nous.
Giovanni.
J'ouvre les yeux. Il est là, assis dans son fauteuil de PDG comme sur un trône, en train de siroter du vin de son air suffisant qui m'agace tant. Pour un peu, on aurait pu croire à un vampire dégustant un verre de sang frais et ravi à la vue de sa prochaine victime.
- Tiens, Ethan. À ta place, je ne tenterais pas d'attaquer. À moins que tu ne veuilles t'électrocuter toi-même, bien entendu.
Je regarde plus attentivement les lieux autour de moi. Ok, j'ai pigé. Il y a une vitre qui me sépare de ce salaud. Il use certainement d'une technologie créée pour me nuire. Il n'y a aucune sortie, à part une porte à ma gauche. Mais elle est certainement verrouillée.
- Ne pense pas que le monde tourne autour de toi : ce genre de protection existe depuis bien avant la guerre entre Johto et Kanto, répond malicieusement Giovanni.
Le chameau. Il me comprend toujours. Qu'est-ce qu'il me veut donc encore ?
- Je croyais que tu allais nous laisser tranquilles tant qu'on se mêlait pas de tes oignons. Qu'est-ce que tu fous alors ? je demande avec hargne.
- Arrête donc d'être aussi enragé, cela ne te mènera à rien. Et je crois que tu connais la réponse, pas vrai ? Et, au passage, je te prierai de surveiller ton langage : je n'aimerais pas devoir électrocuter ton petit copain le blondinet.
Je me tais et remarque aussitôt que quelque chose ne va pas : où est Nat ? Il doit le retenir, le salaud... Et s'en sert pour me faire du chantage. Si jamais je lui porte la moindre attaque, il y a fort à parier que c'est Nat qui en pâtira.
- N'aie crainte, il est en sécurité dans sa cellule. À présent, il ne me posera plus de problème. Ça a plutôt été pénible de vous attraper, mais pas insurmontable.
Il fait tourner le vin dans son verre, puis le hume avant d'y tremper ses lèvres avec délectation. Ce comportement détaché m'insupporte : comment peut il boire sa vinasse tranquillement en sachant tout le mal qu'il fait ?
- Tu n'as jamais voulu nous laisser en paix.
- Non. Tout ce que je voulais, c'est que vous quittiez mon repaire. Ce que vous avez fait. Mais ce n'est pas de cela que je veux parler avec toi... Raconte-moi ce que ça fait d'être enfermé dans un corps de pokémon ? Tu es un sujet exceptionnel, Ethan. Certainement l'être qui est resté le plus longtemps en vie après l'opération...
Et Marco alors ? Et Miroku ?
- Il y a eu bien d'autres cobayes, tu t'en doutes... On ne peut pas faire ce genre d'expérience sur un seul sujet... Mais ne ressens-tu rien de particulier à être là ? Une sorte de déséquilibre précaire ?
Je garde le silence. Oui, ce déséquilibre, c'est celui que je ressens lorsque je suis à proximité d'un autre arraché. Mais en moi-même, ce n'est pas ce que je dirais... Plutôt comme si quelque chose ne tournait pas rond.
- Hum, mauvais ça... Ainsi donc, même le meilleur de mes sujets n'est pas parfait... Ça me fend le cœur.
Quelque chose me dit que ce n'est pas ma mort prochaine qui te fait cet effet-là, j'ai tort ?
Pour toute réponse, Giovanni rit aux éclats.
- Que tu es drôle, gamin ! Mais trêve de discussions. Mes scientifiques vont t'analyser afin de comprendre pour quelle raison tu restes en vie aussi longtemps. D'habitude, les cobayes vivent pendant quelques jours, quelques semaines tout au plus... Mais jamais aussi longtemps que toi. Il semblerait que le fait d'être loin de son corps initial rende l'âme... déséquilibrée, je ne trouve pas d'autres mots. En gros, il finit toujours par se produire une sorte de rejet de la part de l'hôte... Comme si l'âme sentait que ce n'est pas son réceptacle naturel... Si bien que pour retrouver son état d'équilibre, l'âme s'échappe du corps, qui meurt. Enfin, pas vraiment... Nous avons remarqué que dans 50% des cas, l'âme survivait à l'état de fantôme. Créée par des fantômes, elle finit par le devenir. Cependant, la plupart des fantômes aujourd'hui ont disparu à cause de la destruction de la tour. C'est fâcheux, mais nous n'y pouvons rien.
Mais enfin... Comment la destruction d'un bâtiment, même magique, peut avoir des conséquences sur les fantômes d'ici ? C'est aberrant !
- À croire qu'il y a dans ce monde des forces plus puissantes que la science... Enfin, trêve de bavardage. Mes scientifiques vont venir te voir.
Vas-y, fais les venir. Mais ne crois pas que je vais me laisser faire. Ne pense pas que je suis aussi idiot.
- Idiot ? Moi ? Non, c'est toi qui l'es. Tu oublies qui j'ai sous la main.
Dire que j'aurais pu le griller ce jour-là, alors qu'il était devant nous, seul, dans son repaire, sans. Une colère contre moi-même m'envahit. Mais ça ne me sert à rien. Il faut que je trouve le moyen de partir de là.
Mais je n'en trouve pas.
Le pire, c'est que lui, ça l'amuse.
- Tu penses pouvoir me tuer... Mais tu ne t'es pas suffisamment détaché de ton état d'humain pour cela. Tu aboies, mais tu es incapable de mordre. Alors, qu'est-ce que ça te fait, d'être aussi impuissant ? Tu es si pathétique que ça en est drôle.
Enfoiré... Attends un peu, dès que j'en ai l'occasion, je te grille. Ça fait longtemps que je n'ai pas mangé barbecue.
Quelqu'un frappe à la porte du bureau, attend l'autorisation du chef pour entrer et ouvre la porte. James. L'air grave, il fait face à son chef, traînant derrière lui mon dresseur ligoté. Derrière eux suit Jessie, qui ferme la porte. James se décale près du bureau pour laisser Nat faire face au maître des lieux.
Giovanni semble très content de lui. Il se désintéresse totalement de moi et observe les nouveaux venus avec un grand sourire aux lèvres :
- Eh bien, en voilà une surprise ! Voici donc notre trouble-fête... Et une belle réunion de famille.
Nat lève la tête, piqué au vif :
- Pourquoi nous avoir capturés ? On ne vous posait plus de problèmes...
- Vous m'en auriez provoqué sous peu... Tu es trop dangereux, petit, pour rester libre de tes mouvements. Ma manœuvre à la tour pokémon n'a pas réussi, mais je vais me rattraper maintenant.
James se pousse encore contre le bureau. Son bras bouge discrètement tandis que son patron se lève et s'approche du garçon entravé :
- Je ne referai pas la même erreur. Cette fois, je vais te tuer, petit. Mais pas avant que ton cher cousin ne livre tous les secrets de son exceptionnelle longévité.
- Tu serais donc assez abject pour tuer un enfant ? je lance.
- Abject ? Je ne dirais pas cela. Disons simplement que je me suis fixé un but et que je veux l'atteindre par tous les moyens possibles. Et si je dois pour cela tuer un enfant... disons que ce sera un dommage collatéral. Il y a tellement de jeunes qui meurent sur les routes, tous les jours, alors qu'ils voulaient être des dresseurs reconnus pour accéder à la gloire... Tu n'en seras qu'un de plus. Pas de quoi s'affoler donc.
C'est le moment que choisit James pour agir.
- Je ne vous laisserai pas faire ! rugit-il en envoyant une ball sur le sol.
Tout se passe alors très vite : le smogogo du sbire apparaît et envoie aussitôt autour de lui un épais brouillard verdâtre. Protégé par ma vitre, je ne peux que constater l'opacité des fumées.
À ma gauche porte s'ouvre à la volée, défoncée, et Nat apparaît, libéré de ses liens. Il se jette sur moi, m'attrape, et fait demi-tour.
- Dépêchons-nous avant que des renforts arrivent ! crie la voix de James depuis le couloir.
Nat suit son frère tandis que j'essaie de comprendre ce qu'il vient de se passer. Les deux frères traversent les couloirs en courant le plus vite possible, sautent les marches des escaliers en s'accrochant aux rampes pour ne pas tomber. Quelques sbires tentent de nous arrêter, mais cette fois, c'est moi qui entre en jeu : je les grille sur place tandis que James se charge de ceux que je n'ai pas toucher à coups de poings bien placés. Personne n'arrive à nous retenir et nous parvenons bientôt à la sortie du bâtiment.
Alors que nous descendons une dernière volée de marches, un coup de feu retentit. Presque aussitôt, James vacille, avant de s'écrouler, roulant sur lui-même jusqu'en bas des escaliers de pierre. Nat hurle et se jette sur son frère qui se met à cracher du sang tandis que je tente de savoir d'où provient le coup de feu : un autre pourrait ne pas tarder à suivre. Et j'ai raison de me méfier : de son perchoir, Giovanni nous fixe comme un rapasdepic sa proie ; il pointe le canon de son arme sur nous, ferme un œil pour viser.
Je hurle à Nat de filer au plus vite, mais lui ne fait que pleurer sur son frère qui a fermé les yeux. Il hurle sa rage, sans se rendre compte qu'il peut mourir dans la minute. Pour finir, je décharge un peu de mon électricité pour le pousser à bouger, mais l'effet n'est pas celui que j'attendais : il me jette avec violence et je tombe lourdement sur les pavés.
- Ta gueule, Ethan ! Fiche-moi la paix, merde ! braille t-il.
Mais son regard suit le mien : des rockets ne tardent pas à apparaître sur le perron du bâtiment gigantesque dans lequel nous étions.
Il faut qu'on parte. Maintenant.
Le blondinet semble s'en rendre compte et dégaine une de ses pokéball. Marco en sort et menace nos adversaires d'un souffle enflammé ; les rockets ne demandent pas leur reste et se réfugient dans le hall en hurlant tandis que Nat hisse son frère sur le lézard volant.
Bientôt, le dracaufeu pousse avec force le sol de ses pattes arrières et nous nous envolons dans le ciel sombre et glacial de la nuit.


*


Nat n'arrive pas à arrêter ses larmes. D'une main il agrippe le cou de Marco tandis que de l'autre il essaye de maintenir son frère qui n'a pas bougé depuis qu'il s'est écroulé. Je crois qu'il est mort : mon ouïe pourtant si fine ne distingue aucun battement de cœur, justement le goutte à goutte du sang qui s'écoule sur le dos massif de mon compagnon. La balle l'a touché en pleine poitrine. Salaud de Giovanni.
Je crois que plusieurs heures s'écoulent avant que Nat décide d'atterrir. Marco acquiesce et fait un piqué vers le sol. Il fait toujours nuit, si bien qu'il est obligé de se rapprocher du sol pour trouver un endroit où atterrir. Il finit par choisir une prairie enherbée. Ses grosses pattes postérieures se posent, suivies des antérieures plus fines. Nat saute à bas du dragon et se dirige droit vers des lumières qu'on aperçoit un peu plus loin. Je regarde autour de moi. Je sais où nous sommes.
Bon sang, je sais ce qu'il veut faire. Le con.
Marco suit son dresseur, et moi, je lui emboîte le pas.
Bourg Palette. Le patelin n'a pas changé d'un pouce depuis la dernière fois. Les arbustes le long de la route ont été taillés, mais c'est tout. Nat court vers le laboratoire de notre grand père. Les lumières sont éteintes, il doit dormir. Mais Nat fait un tel tintamarre que l'éclairage ne tarde pas à nous éblouir. Bientôt, la porte du bâtiment s'ouvre et un pépé en robe de chambre ouverte sur son pyjama à rayures bleu clair nous fait face, les yeux ensommeillés et les cheveux en bataille.
- Nat ? Mais, enfin ! Que fais-tu ici ?
Mais Nat, les larmes coulant toujours sur ses joues, montre du doigt son frère allongé sur le dragon.
- Par Arceus ! S'écrie le scientifique en nouant la ceinture de sa robe de chambre. Amène le dans mon labo !
Marco parvient à grand peine à se glisser par la porte d'entrée. Puis il suit Nat dans le bâtiment. On arrive bientôt dans le bureau de pépé. Il n'a pas changé depuis mon départ : la même table de soin, les mêmes bibliothèques remplies à craquer de gros volumes certainement ennuyeux à mourir, le même bazar partout... et les mêmes emballages de sandwiches dans la corbeille, recouverts de moisi.
- Essaie de le poser là, ordonne mon grand père à Nat, qui s'exécute.
S'ensuit un long moment pendant lequel le scientifique ausculte James avec un stéthoscope, les lèvres pincées. Nat retient son souffle.
- Il est en vie ! s'exclame pépé contre toute attente en arrachant l'instrument de ses oreilles. Son pouls est faible, mais il vit ! Je dois avoir des poches de sang dans le frigo du bas, je vais en chercher !
Et il sort de la pièce au pas de course.
Nat s'approche de son frère et lui prend la main. Il voudrait parler, mais les mots ne veulent pas sortir. Il se contente de renifler et de s'essuyer les yeux de son autre main.
- On a réussi... murmure faiblement James en serrant un peu la main menue de son cadet. Tu t'en es sorti, de ce bourbier...
- Ne parle pas, James, il faut que tu gardes tes forces !
Le grand blond ne peut s'empêcher de sourire tandis que ses yeux bleus se posent sur le garçon debout à ses côtés :
- Tu n'as pas changé. Même après toutes ces années, tu n'arrives pas à m'en vouloir.
- Tu m'as sauvé, James. Je savais bien que tu n'étais pas des leurs ! Je l'ai toujours su ! Mais pourquoi étais-tu là-bas ?
L'aîné garde le silence un instant ; il ferme les yeux, tressaille : il souffre. C'est peut être bon signe : j'ai toujours entendu dire que les mourants ne ressentaient plus aucune douleur.
- Ils m'ont dit qu'ils te feraient du mal si je refusais de me joindre à eux. Alors je suis parti. Ce n'est que plus tard que j'ai compris pourquoi ils avaient voulu que je vienne : Je n'étais qu'un otage. Un otage utile, certes, mais un otage quand même.
- Un otage ? Mais... pourquoi ?
- Contre notre père. Tu sais qui il est, Nat, tu connais sa fonction : il aurait très bien pu anéantir cette organisation dès son commencement. Mais il n'a pas pu, car alors il m'aurait condamné. Il n'y avait pas que moi : toi et maman aussi étiez surveillés. Mais si j'étais dans leurs filets, c'est parce que je représentais une menace pour eux. J'étais un dresseur doué : j'étais donc dangereux.
- Mais le Conseil ? Pourquoi n'a t-il rien  fait ?
- Le Conseil ? Il est corrompu jusqu'à la moelle. Il n'y a que papa qui a refusé les pots de vin. C'est justement pour cela qu'on était des otages : sa famille toute entière ainsi menacée, il ne pouvait rien faire pour lutter contre la rocket.
- Où est-il à présent ?
- Je l'ignore. Cela fait longtemps que je n'ai pas entendu parler de lui. Mais... Nat... Ce que projette Giovanni... Il faut l'arrêter... Si jamais il parvient à son but... Qui sait ce que le monde deviendra... Il faut que tu le battes, Nat...
- Mais comment ? Et s'ils te tuent ? Et s'ils s'attaquent à maman ?
James sourit tristement. Je crois que j'ai deviné la suite ; la lenteur de ses paroles, la souffrance peinte sur son visage, cela ne fait aucun doute. Il n'y a que Nat qui ne parvient pas à y croire.
- Nat... Ils n'auront pas besoin de me tuer... Ils l'ont déjà fait... Mais, Nat, écoute-moi : va à Cramois'île, cherche un scientifique du nom d'Auguste. Dis-lui que c'est moi qui t'envoie, il me connaissait bien. N'oublie pas : Auguste.
Il tousse et se met à cracher du sang. Nat ne peut s'empêcher de crier d'horreur en se voyant éclaboussé de liquide écarlate. James essaie de retenir le sang à l'aide de sa main, mais rien n'y fait. Il parvient à murmurer dans un gargouillement :
- Je suis désolé... de n'avoir pas été là plus longtemps... Je suis tellement... désolé...
Sa main tombe sur son corps inerte avant de glisser sur sa veste noire et de pendre le long du bureau.


*


Nat ne s'en remettra jamais. Tout ce voyage, tous ces efforts, pour un tel résultat ! Il y a de quoi.
Après la mort de son frère, il est resté longtemps agrippé à lui à hurler, à pleurer toutes les larmes de son corps, sans pouvoir s'arrêter. Quasiment hystérique à l'idée de devoir lâcher le corps froid qui commençait à raidir, il a fallu que notre grand père lui injecte un puissant calmant. Nat s'est débattu contre les effets du médicament, mais ce dernier a fini par l'emporter : le garçon s'est écroulé et pépé l'a couché dans un lit, au premier étage.
Depuis, Nat s'est réveillé, mais il n'a pas dit un mot. Les yeux hagards surmontant des cernes violettes, il fixe le mur comme si celui-ci allait lui dire que c'était qu'un rêve et que son frère était en réalité vivant. Il n'en est rien : James est mort, emballé dans un sac fermé par une fermeture éclair, et il a rejoint la morgue de l'hôpital pour être autopsié. Entre temps, pépé est allé voir la mère de Nat et lui a appris la nouvelle. Je ne sais pas comment elle va, mais il semblerait qu'elle va très mal. Si ça continue, le père de James et de Nat va pouvoir refaire son comeback parce qu'il n'aura plus personne à perdre.
Depuis, je passe presque tout mon temps dans le labo de mon grand père, à regarder ses travaux, et à me promener dehors. Cramer les roucool passant à ma portée, ce qui me demandait tant d'efforts auparavant, n'a à présent rien de très difficile, si bien que je m'ennuie rapidement. De temps à autres, Miroku vient me voir pour se dégourdir les jambes. Il m'a appris que, lorsqu'ils étaient dans le bâtiment de la rocket, James et Nat avaient conclu un accord afin de sortir de là. James savait parfaitement quels étaient les pièges tendus par son chef, aussi en avait-il fait part à son jeune frère. Jamais James n'avait voulu tuer son cadet. Et, pourtant, c'était ce que lui demandait son chef. En un sens, c'était une épreuve. James avait toujours fait des efforts afin de rentrer dans les bonnes grâces de Giovanni. Il avait toujours obéit à chacun de ses ordres avec promptitude, si bien qu'il était devenue une personne de confiance... jusqu'à ce que Nat arrive et foute le boxon. Car dès lors que le jeune garçon était arrivé dans l'histoire, James s'était retrouvé extrêmement gêné dans ses manœuvres... Et Giovanni avait remarqué la limite de son obéissance. Selon Miroku, le fait que James rate chacune des missions dès qu'il s'agissait de son frère a dû lui faire perdre son rang. Il avait dû devenir un boulet pour la rocket. Mais, alors, pourquoi s'acharner à l'envoyer arrêter les agissements de son jeune frère alors qu'il en était incapable ?
- Peut être pour faire venir le papa et en profiter pour l'éliminer. Il a disparu du Conseil, personne ne sait où il est. Giovanni a juste la trouille qu'il soit en train de comploter contre lui, alors il essaie de lui tendre un piège. Mais le père de nos deux frères est un malin : je ne pense pas qu'un piège aussi grossier le fasse sortir de sa cachette.
- Il laisserait ses enfants mourir ? je m'étrangle.
- Pour la bonne cause : détruire la rocket. Deux morts, à côté, ne serait rien. Même ses propres enfants. Le devoir avant tout. En tout cas, c'est ce que je pense.
- Dans ce cas, pourquoi n'a t-il pas agit avant s'il s'en moquait ? Il aurait pu nous débarrasser de cet enfoiré il y a longtemps !
Miroku réfléchit un instant, les bras croisés.
- Mais dans ce cas il aurait été coupable de la mort de ses enfants. C'est très complexe, mais s'il avait agit de lui-même, et si cette action avait provoqué la mort de ses fils, peut être ne se le serait-il jamais pardonné. Alors que si ses enfants meurent sous la main d'un autre sans que lui-même n'y soit pour quelque chose, alors certainement ne se sentirait il pas coupable de ces morts. Et puis, peut être n'est il pas au courant de ce qu'il se passe ici. Peut être même est-il mort. Qui sait ?
Les propos de Miroku m'ont beaucoup perturbé.


*


Cela fait quatre jours que nous sommes coincés ici. Nat ne sort toujours pas de sa léthargie. Pépé a dû faire venir une infirmière pour s'occuper de lui.
Assis sur l'immense bureau de mon grand père envahi de feuilles de notes, de stylos et de livres éparpillés, je regarde le vieil homme devant moi se frotter les yeux. Lui aussi est fatigué et inquiet. Lui aussi se sent impuissant. Incapable de se concentrer sur ses recherches, il essaie de me donner une boulette pour pokémon pour s'occuper, mais je refuse et préfère piquer un morceau de son sandwich, pourtant infect. Il me regarde, puis finit par hausser les épaules.
Le téléphone se met à sonner ; mon grand père décroche. Du combiné surgissent des cris paniqués. J'ai du mal à comprendre ce que ça dit tellement la personne à l'autre bout du fil parle vite. Tout ce que j'arrive à saisir sont les mots "machine" et "volée". Mon grand père essaie de calmer son interlocuteur :
- Ne t'inquiète pas, Léo. As-tu appelé les autorités ? Elles pourraient peut être faire quelque chose, tu ne penses pas ?
Léo. Bon sang. Ce doit être la machine sur laquelle il travaillait. Le téléporteur. Le responsable de sa propre transformation en pokémon.
- Au fait, tu l'avais finie, ta machine ? Je croyais que tu m'appellerais lorsqu'elle le serait... lui reproche soudain pépé en fronçant ses sourcils blancs et broussailleux.
Là, je perçois distinctement la réponse : non.
Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Pas de doute, ce doit être la rocket qui est derrière tout cela. Mais pourquoi voler un téléporteur même pas terminé et potentiellement dangereux ? Dans quel but ?
Pépé raccroche bientôt et soupire longuement. Puis il me regarde :
- Mais quel monde de fous... Voler un téléporteur... ce doit être pour l'argent. Les gens qui ont fait cela sont des êtres détestables.
J'acquiesce de la tête. Si seulement ils n'étaient que détestables...
Ne sachant pas quoi faire, je décide d'aller voir Nat. C'est la fin de l'après midi, son infirmière ne va pas tarder à venir le voir pour ses soins.
Son état reste le même : il fixe le mur, couché sur le flanc. Il a fallu que l'infirmière lui nettoie les mains sinon elles seraient encore couvertes du sang de son frère. Enfermé sur lui-même, il ne me voit même pas grimper sur son lit. Il pourrait tout aussi bien être mort, car je ne ressens presque rien. Aucune tristesse, aucune colère, rien, une coquille vide. C'est effrayant.
Nat n'est pas assez fort pour lutter plus longtemps. Tous ces morts, tous ces chocs, c'est beaucoup trop pour un être innocent comme lui.
Tout ce que je peux faire, c'est me coucher près de lui et essayer de lui envoyer de bonnes pensées. Je sombre bientôt dans le sommeil. L'infirmière me réveille quelques temps après, puis elle repart et je sombre de nouveau dans les bras de Morphée.
Jusqu'à ce que, cette fois, ce soit un tremblement de terre qui me sorte de mon repos.
 
[FINI] Pokémon Yellow Reborn
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 6 sur 7Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant
 Sujets similaires
-
» [FINI] Pokémon Yellow Reborn
» [Présentation] Pokémon Reborn
» Avez vous déjà compléter un Pokédex ?
» Katekyoushi Hitman Reborn!!(Arcobaleno+Lambo)
» [Fan-Art] BD bionicle: battle for reborn By Ruijala

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nuzlocke France :: Kalos : tous en Nuzlocke ! :: Nuzlockes écrits :: Nuzlockes terminés-